La Chine, 1ere puissance économique très courtisée dans l’IT

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La Chine est maintenant la première puissance économique mondiale. Les acteurs majeurs de l’IT peuvent-ils tirer profit de ce marché émergent ?

Selon le FMI (Fonds Monétaire International), la Chine devient aujourd’hui la première puissance économique mondiale, devant les États-Unis, qui occupaient cette place depuis 1872.

Le produit intérieur brut chinois (en parité de pouvoir d’achat) s’élève en 2014 à 17.632 milliards de dollars, contre 17.416 milliards de dollars pour les États-Unis. L’économie chinoise représente 16,5 % du total mondial, avec toutefois un PIB par habitant qui demeure assez faible.

La Chine est aujourd’hui un marché colossal, qui intéresse bien évidemment les grands noms du monde IT, dont la plupart sont des entreprises américaines. Mais voilà, le gouvernement chinois n’entend pas se laisser envahir par des sociétés occidentales.

Des partenariats pour s’imposer en Chine

Les grandes multinationales mettent régulièrement en avant les particularités et difficultés du marché chinois, et l’obligation, pour s’y implanter, de s’allier à des acteurs locaux. La réalité est plus prosaïque : du fait d’un protectionnisme assez prononcé, les entreprises étrangères qui ne se cherchent pas des relais locaux risquent fort de trouver porte close.

Derniers exemples en date : Microsoft, qui a dû passer par un acteur local, 21Vianet, pour installer son cloud Azure en Chine (voir l’article « Le cloud Microsoft Azure s’attaque à la Chine »). Intel a pour sa part investi 1,5 milliard de dollars dans la société Tsinghua Unigroup, avec laquelle il commercialisera une nouvelle famille de SoC x86 (voir « Intel investit en Chine… pour mieux y vendre ses puces mobiles »). Plus récemment, c’est IBM qui s’est allié à Tencent pour aborder le marché chinois du cloud (voir « IBM s’allie à Tencent pour investir le marché chinois du Cloud »).

Défiance vis-à-vis des acteurs historiques

Le gouvernement chinois a également montré sa méfiance envers certaines technologies d’origine américaine. À la guerre d’espions, certes discrète, mais bien réelle, qui oppose les deux pays, les annonces défilent des deux côtés : les USA interdisent les routeurs d’origine chinoise sur leur sol ? La Chine élimine IBM de son secteur bancaire.

Une cible reste toutefois privilégiée par la Chine : Microsoft. La Chine a interdit Windows 8 dans l’Administration ; levé le voile sur les brevets utilisés par la firme de Redmond pour racketter les constructeurs de terminaux mobiles Android ; sommé la compagnie de s’expliquer sur ses pratiques commerciales ; et contesté les optimisations fiscales réalisées par la multinationale. Le spectre d’un OS souverain, basé sur des technologies open source, refait même régulièrement surface.

Priorité aux technologies locales

La Chine se montre totalement décomplexée vis-à-vis de ses choix technologiques. Les architectures processeur les plus diverses sont ainsi adoptées. Citons par exemple les puces MIPS, qui équipent des machines les plus bas de gamme aux supercalculateurs les plus puissants (voir « La Chine à l’assaut d’Intel et AMD »).

Côté logiciels, de nombreuses offres sont en cours de finalisation, dont certaines sont signées par Baidu, le pendant chinois de Google, qui vient récemment de présenter un navigateur web particulièrement novateur (voir « Baidu lance son propre navigateur web mobile »).

Quelques secteurs restent toutefois moins ciblés par les acteurs locaux, comme les services IT et le cloud. Une opportunité pour les sociétés occidentales, qui devront toutefois jouer des coudes – et probablement faire des concessions – pour s’installer en Chine.

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