La concurrence réagit à l'offre HP Oracle Database Machine

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Teradata prêche depuis 25 ans pour des serveurs dédiés au datawarehouse. Acteur plus jeune, Netezza propose avec un certain succès ses appliances. Sérénité et commentaires amusés…

Teradata devenue indépendante de sa maison mère en octobre 2007 est désormais cotée en bourse à New York et affiche plus de 1,7 milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2007. Netezza a pris position sur ce marché avec son appliance décisionnelle Netezza Performance Server (serveur, système de stockage et base de données relationnelle regroupés pour traiter des dizaines de téraoctets en architecture massivement parallèle et en “streaming analytics”). Deux porte-paroles de ces entreprises nous ont confié leurs impressions suite au lancement de l’HP Oracle Database Machine.

Seuls les idiots ne changent pas d’avis…

Il semble plutôt logique qu’Oracle lorgne sur ce segment du datawarehouse. Et il n’est pas le seul comme l’explique Christian Raza directeur des opérations chez Netezza France : « Cette annonce fait suite à celle d’autres acteurs qui veulent tirer partie d’un secteur en pleine expansion que représente le marché des appliances décisionnelles dont on nous reconnaît la paternité. »

Michel Bruley, directeur marketing chez Teradata France, constate avec amusement un revirement “étonnant” de la part de leader des bases de données : « Premier réflexe, nous prenons note qu’Oracle confirme la pertinence de l’approche de Teradata pour une architecture dédiée et optimisée afin de gérer efficacement le datawarehouse. Et ce, bien qu’il ait affirmé le contraire pendant très longtemps. Aujourd’hui, nous constatons avec plaisir qu’il se range à nos côtés.»

Un nouvel entrantqui a encore du travail !

Devant les performances revendiquées par Oracle et les descriptions l’empilement de caractéristiques matérielles de haute capacité, nos deux interlocuteurs ne sont pas plus tendres. « Ce que propose Oracle n’est rien d’autre que du packaging autour de la base de données traditionnelle Oracle 11G. Lorsque Netezza a commencé à travailler sur le concept de l’appliance, nous sommes partis d’une feuille blanche aussi bien sur la partie matérielle que sur la partie logicielle. De cette recherche est née une architecture complètement différente et innovante qui propose des performances et une simplicité d’utilisation difficiles à reproduire avec une architecture et une base de données conçues pour l’informatique transactionnelle. Il ne suffit pas de gonfler le moteur et changer les roues d’une bonne voiture de tourisme pour la transformer en une Formule 1, » assène Christian Raza. « C’est un concurrent de plus qui se présente. Quant aux performances avancées, elles ne reposent que sur des affirmations d’Oracle et sur ses propres mesures. Ils annoncent trois ans de recherche et développement, tandis que nous développons depuis 25 ans pour arriver là où nous sommes aujourd’hui, » souligne Michel Bruley.

Oracle dépasse enfin le décisionnel départemental ?

Fortement concurrencé par Microsoft (qui a d’ailleurs racheté Data Allegro, autre spécialiste du secteur et avec de gros volumes de données) sur les bases de données –entre autres-, Oracle joue le très gros volume. « Longtemps cantonné aux solutions décisionnelles départementales, Oracle a fortement défendu ce créneau. Toutefois, elles ne suffisent pas à couvrir les besoins actuels des entreprises. On peut donc estimer que cette annonce est une voie de progression vers le décisionnel d’entreprise pour Oracle, » explique Michel Bruley. Avant de conclure : « On peut tout de même se demander comment les clients de HP sur ces questions vont pouvoir trancher entre HP NeoView et Oracle RAC… » Réponse sur le terrain dans quelques mois !


Auteur : José Diz
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