Linux Ubuntu 10.10 (Maverick Meerkat) met l’accent sur le cloud

Les moutures desktop, mobile et serveur de la distribution Linux Ubuntu 10.10 « Maverick Meerkat » sont dorénavant disponibles pour les machines x86 32 bits et 64 bits. La version de bureau s’appuie sur un noyau Linux 2.6.35 et l’environnement de bureau GNOME 2.32. Evolution 2.30, Firefox 3.6.10 et OpenOffice.org 3.2.1 sont livrés en standard. Shotwell remplace pour sa part l’outil d’organisation d’images F-Spot. Comme nous l’avions déjà signalé, le thème graphique, les fonds d’écran et l’assistant d’installation ont tous trois été revus. L’outil permettant d’ajouter des logiciels a fait l’objet d’une attention particulière : entièrement refondu, il est plus puissant et d’une utilisation plus intuitive que précédemment. Il permet même d’accéder à des applications commerciales, qui pourront être achetées en ligne.

Cette version desktop de l’Ubuntu 10.10 met l’accent sur l’ensemble de services cloud Ubuntu One. Il permet de synchroniser et de partager des documents, contacts, marque-pages, notes, etc. Il offre aussi d’accéder à la boutique de vente de musique de Canonical. Les données stockées sur un compte Ubuntu One sont dorénavant accessibles depuis Windows. 2 Go d’espace de stockage sont fournis gratuitement. Vous pourrez toutefois opter pour des tranches de 20 Go complémentaires, facturées 2,99 dollars par mois ou 29,99 dollars par an. Il sera même possible de disposer de clients Android ou iPhone, capables – entre autres – de lire en streaming la musique achetée au travers d’Ubuntu One. Le service Ubuntu One Mobile est facturé 3,99 dollars par mois, ou 39,99 dollars par an.

La mouture netbook de cette distribution Linux propose une nouvelle interface graphique, Unity, qui corrige les défauts constatés sur l’Ubuntu 10.04 Netbook Edition. Cet environnement de travail allégé est spécifiquement adapté aux écrans de petite taille et sera capable de tirer profit du multitouch présent sur certaines machines. Espérons que sa réactivité sera également en hausse.

L’Ubuntu existe aussi en version serveur. La compagnie met ici manifestement l’accent sur le cloud computing, en particulier l’intégration de son système d’exploitation sous Amazon EC2.

« Avec l’Ubuntu 10.10 Server Edition, nous continuons à faire de l’Ubuntu l’offre open source de référence pour le cloud computing », déclare Neil Levine, vice-président des services d’entreprise chez Canonical. « Nous avons ajouté des fonctionnalités qui augmentent notre avance dans le secteur du cloud public et qui permettent de combler le fossé nous séparant des environnements de cloud hybrides et locaux. La couche d’infrastructure est le catalyseur du cloud computing et l’Ubuntu 10.10 est le meilleur moyen de mettre l’open source au cœur de ces efforts. »

Bon point, les images AMI (Amazon Machine Images) pourront désormais fonctionner localement, au travers de l’outil de virtualisation KVM. Un excellent moyen de tester une application… ou de monter un cloud privé. Les outils de configuration cloud sont également plus évolués que précédemment et prennent en compte un plus grand nombre de paramètres. Enfin, la plate-forme cloud open source Eucalyptus – qui est utilisée au sein de l’Ubuntu – passe en version 2.0. Les utilisateurs pourront tester gratuitement cette solution sur Amazon EC2 pendant une heure. Il suffit pour cela de se rendre sur cette page web. Notez que l’image AMI fournie dans ce cadre est livrée avec plusieurs applications préinstallées. Une initiative intéressante.

Une multiplication des services commerciaux ?

Au travers de cette nouvelle version de l’Ubuntu 10.10, Canonical affine son modèle commercial. La compagnie multiplie ainsi les services payants autour de son offre desktop (vente de musique, d’applications, espace de stockage en ligne). Côté serveur, c’est bien évidemment le cloud qui est à l’honneur, l’éditeur facturant l’accès à son service d’administration des serveurs, Landscape. Reste à savoir si la sauce prendra.

Notez que cette version de l’Ubuntu sera maintenue pendant 18 mois, contre trois et cinq ans pour les moutures desktop et serveur de l’Ubuntu 10.04 LTS « Lucid Lynx ». C’est un élément qui demeure important, en particulier en entreprise, où le cycle de vie rapide de l’Ubuntu 10.10 pourra poser problèmes.