La gaffe ! Un responsable d’IBM prédit la mort d’AMD !

Régulations

Bill Zeitler, senior vice-president d’IBM, a affirmé au magazine Fortune que seuls Intel et IBM survivraient d’ici à cinq ans sur le marché des processeurs 64 bits…

Qu’il s’agisse de Novell depuis l’acquisition de SuSE Linux ou d’IBM à l’origine de la plate-forme de développement communautaire Eclipse, réunis à l’occasion d’une soirée-débat, ces deux géants de l’Open Source professionnel n’hésitent plus à afficher une vision claire de leur stratégie dans le monde du libre.

IBM, tout d’abord, par la voix de son ‘gourou’ Adam Jollans, rappelle que l’adoption de l’OS alternatif et libre Linux, puis la création d’Eclipse dans le but de fournir un framework aux applications qui viennent s’y ‘plugger‘, prennent leur source dans la volonté du géant de l’informatique à s’opposer à Microsoft. “Notre challenge est contre Microsoft WIndows et Visual Studio“, affirme Adam Jollans. “Nous répondons à la pression du marché et de l’industrie. L’économie du logiciel doit changer.” Le géant mondial du logiciel sera ainsi durant toute la soirée le contre point des discussions, le ‘monstre à abattre‘, l’antithèse d’une communauté de l’Open Source qui ne cesse de souffrir de la position monopolistique de la firme de Redmond. Un positionnement bien pratique pour défendre une vision du marché du logiciel qui pourtant n’est pas si manichéenne ! De son côté, reconnaissant que Linux s’est imposé et que le système d’exploitation libre n’a plus à convaincre sur un marché devenu mature, Novell se concentre sur un nouvel objectif, le poste de travail (-desktop), qu’il attaque avec son produit SUSE Linux Enterprise Desktop (SLED), convaincu que cet ensemble applicatif lui ouvrira plus largement les portes des entreprises. Mission difficile s’il en est, mais Microsoft – encore lui – est une référence qui vient rappeler que “Construire une communauté est difficile et prend du temps“. Il a bien fallu six longues années pour que le poste de travail bascule massivement de DOS à Windows 3.1 ! Certes, mais même si le rythme d’adoption des technologies, même logicielles, s’est accéléré, l’adoption de Linux et de l’Open Source sur le poste de travail ne semble pas si rapide ? A ce constat, Novell oppose soixante gros projets de migration en cours dans des grands comptes européens, en particulier dans l’industrie et dans la banque. Pour l’éditeur, même si paradoxalement l’adoption de Linux sur les datacenters est plus forte en Europe qu’aux Etats-Unis, la France aurait la particularité de disposer d’applications pauvres sur le poste de travail, ce qui laisse une porte ouverte pour implémenter le ‘Desktop‘. Son succès serait en cours et s’appuierait sur deux dynamiques : la communauté et un nouveau paradigme sur le poste de travail. Pour autant, Novell et IBM ne peuvent que constater la très forte et largement majoritaire présence de Microsoft sur le poste de travail. Ils évoquent d’ailleurs le “monopole du desktop” qui de fait n’offre pas d’autre choix aux entreprises. L’Open Source, par la gratuité de son offre, est donc la seule ouverture possible pour reconquérir ce marché. Dans ces conditions, se pose la question du modèle économique associé à l’Open Source. Aucune ambiguïté, cependant, “Nous sommes des entreprises commerciales“, rappelle Novell. Ces grands acteurs apportent la certification et le support mondial de leurs produits, et ces services se rémunèrent… Une autre stratégie se fait cependant clairement remarquer, depuis longtemps engagée chez IBM, et qui émerge chez Novell : “Nous sectorisons nos offres sur le desktop, à l’image de notre solution packagée sur le ‘retail’ (la distribution de détail) qui a été retenue par IBM“. Et d’insister sur la force du standard OpenDocument, qui reste connecté aux besoins de l’entreprise ou de l’administration jusqu’au delà de l’application. Chez IBM, c’est la ‘rich client plateform qui est plutôt mise en avant avec Lotus Notes for Linux. Mais Adam Jollans reconnaît bien volontier qu’il s’agit là d’une application complexe. Il attend beaucoup plus d’Eclipse sur Windows… En revanche, IBM reste pragmatique sur sa démarche commerciale. “Nous maintenons les licences mais nous cherchons toujours à saisir les opportunités Open Source. Notre priorité est de maintenir l’innovation et de développer le support.” Comme on le constate clairement, les géants de l’Open Source ne se départissent pas de leur démarche économique et commerciale. Alors, dans ces conditions, pourquoi rendre un produit Open Source. IBM, en la matière, a une large longueur d’avance sur ses concurrents, et ne s’en cache pas : “IBM business make money !” Pour Big Blue, un produit ne peut être rendu Open Source que lorsqu’il se suffit à lui même pour faire de l’argent ! Un discours a heurter la communauté de l’Open Source, mais IBM n’en a cure, car aujourd’hui une bonne part de son ‘business’ est réalisée sur Linux et le libre via le conseil, le support, le déploiement et les services. Alors ? Face aux coûts de l’avant et de l’après vente, des développements et du support, le prix de l’OS a été le premier à devenir négligeable. C’est aujourd’hui le tour de certaines applications et le modèle de l’Open Source s’impose, sans surprise. Et l’écosystème ainsi généré s’impose de lui même, avec plus ou moins de réussite (IBM), plus ou moins de difficultés (Novell). Et bien, il reste à alimenter en permanence la machine pour gagner des marchés et alimenter l’écosystème Eclipse. C’est une mission qu’IBM s’est fixée, générer des activités pour ses partenaires Eclipse. Et dire qu’en préambule Adam Jollans déclarait que si IBM est à l’origine d’Eclipse, la plate-forme ne lui appartient plus… Certes non, mais le géant de l’informatique a su négocier le virage et vient rappeler que l’Open Source n’est qu’un modèle, pour peu que l’on sache en tirer profit.


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