La police britannique crée un fichier central

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Avec Visor, la police britannique se dote enfin d’un système de fichier centralisé des criminels violents et sexuels. Une initiative qui soulève la controverse

L’affaire défraie la chronique en Grande-Bretagne? Comment un vétérinaire meurtrier de Humberside, Ian Huntley, qui faisait l’objet de plusieurs accusations apparentées à des crimes sexuels, a-t-il pu obtenir un emploi de gardien d’école à Cambridgeshire ?

La réponse est dans le systèmes d’information de la police britannique, dont les fichiers sont dispersés localement. La police de Cambridgeshire ne pouvait pas savoir que Ian Huntley était poursuivi à Humberside ! Pour combler ce vide, étonnant à l’ère d’Internet et des menaces terroristes, la police britannique a lancé le projet Visor (Violent and sex offenders register), un fichier central des criminels violents et sexuels. Ce projet est doté d’un budget de 10 millions de livres. Cette base nationale est en cours de validation par le Probation Service, et devrait être généralisée en 2006. Le fichier sera accessible aux forces de police, mais aussi dans les prisons. Capable d’enregistrer jusqu’à 200.000 délinquants enregistrés, Visor intègre les photos des individus, dont celles de leurs tatouages et éventuelles marques distinctives. 47.000 délinquants figurent actuellement dans la base, dont 25.000 délinquants sexuels. Et c’est là que porte la controverse, car figurent en fichier des personnes qui n’ont pas été condamnées mais qui sont toutefois considérées comme dangereuses. Peu importe, les services de police britanniques se félicitent de posséder bientôt un fichier central qui leur permettra de se tenir informés de l’Angleterre à l’Irlande, en passant par l’Ecosse et le Pays de Galles.


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