La scission de Telecom Italia provoque des remous politiques

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L’opérateur historique italien voudrait à terme se séparer de sa filiale mobile. Un virage à 180 degrès qui inquiète le gouvernement et qui a déjà coûté la place de son président

Une crise autour de Telecom Italia est en train de grossir en Italie. Il y a quelques jours, l’opérateur historique annonce son intention de séparer TIM, sa filiale mobile, de son périmètre. Un virage à 180 degrés pour le groupe.

Cette réorganisation profonde est accueilli avec fraîcheur par le gouvernement et notamment le président du Conseil, Romano Prodi. Ce dernier eproche au président de l’opérateur de lui avoir caché l’ampleur du virage stratégique annoncé. Surtout, le gouvernement s’inquiète d’une possible cession d’actifs jugés stratégiques pour le pays. En effet, séparée de TIM, Telecom Italia devient une proie plus facile. Politiques et observateurs s’étonnent d’autant plus que cette stratégie est contraire à la tendance européenne. Tous les opérateurs européens, et TIM le premier, ont lourdement investit pour réintégrer leurs filiales mobiles et miser sur la convergence fixe-mobile. Pour TIM cela même été un record puisque le groupe a dépensé 21 milliards d’euros dans cette opération ! Mais Telecom Italia explique qu’il souhaite désormais se concentrer sur Internet (la marque Alice) et les contenus. Par ailleurs, la cession permettrait à Telecom Italia d’effacer sa dette de 41 milliards d’euros. TIM est en effet valorisé à 35 milliards auxquels il faut ajouter 6 milliards de TIM Brasil. Par ailleurs, 15 milliards de dividende spécial pourraient être redistribués aux actionnaires. Mais l’argumentation ne convainc pas le gouvernement qui pousse le président de Telecom Italia vers la sortie. Vendredi soir, Marco Tronchetti Provera a remis sa démission au cours d’un conseil d’administration extraordinaire d’une durée de trois heures “afin de préserver les intérêts de la société et de ses actionnaires”, selon un communiqué officiel. Il sera remplacé par Guido Rossi, 75 ans, qui fut président de Telecom Italia au moment de sa privatisation en 1997, selon la même source. Loin d’appaiser les tensions, ce départ plonge Telecom Italia et l’Italie dans le brouillard total. Les inflexions stratégiques de Tronchetti vont-elles être validées ? Guido Rossi l’affirme, ce qui promet un nouveau bras de fer avec le gouvernnement.


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