La seconde vie d’OpenVMS: increvable…

Régulations

Apparu en 1977 sur les serveurs VAX de Digital Equipment, condamné dans les années 90, largement dépassé par Windows et Unix, définitivement enterré avec l’émergence de Linux, OpenVMS refuse de mourir. Il sera prochainement supporté par les serveurs HP Integrity sur Itanium 64 bits. Etonnant parcours?

Au commencement était

Virtual Memory System (VMS), un système d’exploitation multipostes multitâches développé par Digital Equipment pour VAX. Puis vint le rachat de Digital par Compaq et en 1998 le portage par BSD sur Alpha. Enfin le rachat de Compaq par HP. De cette époque survivent 456.000 systèmes VMS et plus de 10 millions d’utilisateurs dans le monde (référencés par OpenVMS.org). La dernière version du système d’exploitation s’appelle OpenVMS, et rapporte à HP en matériel, logiciels et services la bagatelle de 2 milliards de dollars par an ! Difficile dans ces conditions d’abandonner le système, même si HP ne semble pas souhaiter continuer à apporter sa contribution avec autant d’enthousiasme ! HP reconnait d’ailleurs que OpenVMS équipe 50% des grands opérateurs télécoms, et 80% des fabricants de composants, mais aussi de nombreux acteurs des finances, de la santé, de l’industrie et de l’aéronautique. Sans oublier des administrations et le loto américain ! Le plus surprenant face à ses concurrents, provient des évènements du 11 septembre? Après l’attaque du World Trade Center, le duo VMS/Alpha a démontré ses capacités, sa tolérance face au désastre et sa résistance aux crises. Malgré la destruction des tours, OpenVMS est resté actif dans les structures qui l’avaient adopté, là où de nombreux autres systèmes dont le c?ur était mal réparti n’ont pas résisté. Aujourd’hui OpenVMS tourne, typiquement, sur un “cluster” de trois machines Alpha/VMS, conjugué avec un système d’archivage optique sous Windows 2000 Server, la zone de stockage HP StorageWorks EVA 5000 et la base de données Oracle. Le portage d’OpenVMS sur base de serveurs HP Integrity sur Itanium 64 bits est le reflet de la politique de Hewlett-Packard, qui souhaiterait sans doute abandonner Alpha. Mais le constructeur se heurte à la volonté de ses clients, et au scepticisme de ces derniers, qui n’envisagent pas, pour la plupart d’entre eux, de migrer sur une plate-forme Intel 64 bits. En clair, pour le moment rien ne prouve que la plate-forme Itanium pourra rivaliser en termes de performances avec Alpha, et c’est là qu’est le verrou de la migration. Que les serveurs HP Integrity fassent mieux que les Alpha, et les clients suivront et changeront d’architecture. Mais ne leur parlez pas de changer de système d’exploitation?


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