Le site nucléaire de Los Alamos se débarrasse des commutateurs chinois

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L’un des deux centres de recherche américains dédiés à l’arsenal nucléaire, le Laboratoire national de Los Alamos, aurait remplacé à la hâte des commutateurs réseau conçus par H3C, ex-coentreprise entre Huawei et 3com.

Pour des raisons de sécurité, le Laboratoire national de Los Alamos (LANL – Nouveau-Mexique), institution du Département américain de l’Énergie spécialisée dans l’arsenal nucléaire, les menaces biologiques et la sécurité énergétique, aurait supprimé des commutateurs réseau (switches) conçus par H3C Technologies Co.

Les États-Unis craignent la Chine

Société basée dans la province chinoise du Zhejiang, à Hangzhou, H3C fut lancée en 2003 sous la forme d’une coentreprise entre l’équipementier chinois Huawei et la firme américaine 3Com, elle même acquise et absorbée en 2010 par le géant informatique HP.

Huawei, dont les liens présumés avec le gouvernement chinois feraient peser une menace sur la sécurité des États-Unis, a vendu ses parts dans H3C à 3com en 2007…

Quoi qu’il en soit, H3C présentait hier encore sur son site web Huawei comme l’un de ses « partenaires stratégiques mondiaux » pour fournir des « produits de pointe au meilleur coût », observe l’agence Reuters.

Bien que H3C appartienne désormais au groupe américain HP, la direction de Los Alamos Lab, craignant à la fois l’espionnage et la mauvaise publicité concernant ses pratiques d’approvisionnement, aurait pris la décision tardive de se débarrasser des commutateurs incriminés.

Un réveil tardif, à Los Alamos

D’après Reuters, une lettre datée du 5 novembre 2012, signée du DSI de Los Alamos à l’attention du Département de l’Énergie, précise qu’un ingénieur du LANL aurait alerté sa hiérarchie en octobre à propos de l’installation en interne de commutateurs fabriqués par H3C.

À la même période, le sénateur républicain Mike Rogers assurait la promotion d’un rapport rédigé avec son homologue démocrate Dutch Ruppersberger, préconisant l’abandon des solutions de Huawei et ZTE, au titre de la sécurité nationale…

Revenons au laboratoire de Los Alamos. Celui-ci aurait identifié quelques composants H3C, deux d’entre eux utilisés de manière isolée auraient été rapidement remplacés. Le centre de recherche aurait également cherché à remplacer tout autre produit H3C encore en service, après avoir estimé les risques potentiels.

HP, de son côté, a déclaré que H3C produit ses composants en toute indépendance vis-à-vis de Huawei depuis des années. Le groupe a ajouté que sa division réseau se conforme aux exigences légales et réglementaires en matière de sécurité des systèmes d’information, de commerce international et de confidentialité.


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Auteur : Ariane Beky
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