Intel pourrait s’offrir Altera pour 10 milliards de dollars

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Le concepteur de FPGA Altera pourrait rejoindre Intel. À la clé, plus de flexibilité pour les puces Xeon dédiées aux datacenters. Mais également une nouvelle réponse contre ARM et IBM.

Intel serait en discussion avec le concepteur de composants électroniques Altera, en vue d’un éventuel rachat. Une information dévoilée par le Wall Street Journal. Cette acquisition pourrait être la plus importante jamais réalisée par Intel. Le rachat d’Altera pourrait ainsi coûter à la firme plus de 10 milliards de dollars.

Ce possible rapprochement entre les deux sociétés a été plutôt bien perçu par les marchés. La valeur d’Intel sur le Nasdaq a ainsi gagné 6,38 % vendredi dernier, en passant de 30 à 32 dollars. Mouvement encore plus marqué pour Altera, dont l’action fait un brusque bond de 34,73 à 44,39 dollars, soit une hausse de 28,39 % en une seule séance.

Une gamme Xeon plus flexible grâce aux FPGA

Pourquoi cet engouement ? Intel est aujourd’hui attaqué de toutes parts, et menacé sur le marché des serveurs. Par le bas avec ARM, dont l’architecture processeur promet de créer des serveurs plus économiques et moins gourmands en énergie, mais aussi par le haut avec IBM et son Power8.

Altera propose des composants reprogrammables, essentiellement des FPGA (field-programmable gate array). Cette technologie a déjà été employée par Intel au sein de ses Xeon, afin de leur apporter un supplément de souplesse permettant d’ajouter de nouvelles fonctionnalités à ces puces (voir l’article « Intel injecte un FPGA dans ses puces Xeon pour datacenters »).

Utiliser des FPGA permet à Intel de faire monter en gamme ses offres serveur, et ainsi d’afficher un avantage concurrentiel sur les composants ARM 64 bits. Un mouvement que d’autres concepteur de processeurs pourraient adopter. La possibilité de graver de nouvelles fonctionnalités à chaud dans le silicium est en effet particulièrement populaire dans le monde bancaire, où elle est employée afin d’assurer des calculs financiers à très haute vitesse.

D’autres débouchés sont possibles. Certains acteurs du monde mobile ont ainsi adopté des approches similaires au sein de modems 3G/4G, permettant ainsi de les adapter à de nouvelles normes sans devoir créer un nouveau SoC.

Nios II : une alternative à ARM pour les FPGA

Il est à noter qu’Altera et Intel sont d’ores et déjà très proches. Le concepteur de FPGA utilise en effet les lignes de production du géant américain pour proposer des FPGA gravés en 20 nm et 14 nm (voir « Accord entre Intel et Altera pour la production de FPGA en 14 nm »).

Altera propose aujourd’hui plusieurs gammes de FPGA (Cyclone, Arria, Stratix), mais également des CPLD (complex programmable logic devices – la famille MAX). Des cœurs ARM sont intégrés à certains FPGA de la firme. Cette dernière propose également sa propre architecture processeur, le Nios II, pouvant être implémentée dans l’ensemble de ses FPGA. Une offre compatible avec de nombreux OS embarqués, dont VxWorks et Linux.

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