L’alliance gouvernementale Linux en Asie se donne 6 mois

Régulations

Le président de la China Open Source Software Promotion Union met fin à plusieurs semaines de polémiques autour de l’engagement de la Chine sur le projet gouvernemental de développement d’une distribution Linux pour l’Asie

Lu Shouqun, président de la China Open Source Software Promotion Union, a fait plus que confirmer l’engagement de la Chine aux côtés de la Corée du Sud et du Japon dans l’alliance pour le développement d’un système d’exploitation libre Linux? il a fixé une échéance à 6 mois.

Rappelons que ces trois pays ont fait le choix de créer un front commun pour la promotion de Linux, et contre le système d’exploitation propriétaire de Microsoft, trop fermé, trop peu sécurisé, mais aussi trop risqué ! Ce choix est dicté à la fois par des considérations économiques, proposer un outil gratuit sur lequel l’industrie peut s’appuyer afin développer des solutions logicielles économiques, et des considérations linguistiques, en particulier la localisation des versions et des polices de caractères. Mais surtout pour la Chine des considérations stratégiques, voire militaires, issues d’années de paranoïa anti américaine, avec la crainte de laisser aux Etats-Unis la possibilité de contrôler, voire de paralyser les postes équipés de Windows ! Depuis quelques semaines, des doutes ont surgi autour de ce projet? jusqu’à remettre en cause l’implication de la Chine; déjà, certains médias américains y voyaient les présages d’un abandon pur et simple. Les enjeux du projet sont colossaux pour les industriels du logiciels, comme IBM, HP, SUN, Intel, Oracle, BEA et Novell. Rumeurs et actions des lobbies y sont allés de bon train pour déstabiliser le projet. Rappelons en particulier que la presse américaine tente de présenter la distribution ‘Asianux’ du chinois Red Flag comme l’alternative à Microsoft, ce qui arrangerait bien Oracle qui est partenaire de l’éditeur. Bien au contraire, Lu Shouqun a confirmé que le Linux asiatique ne serait pas aussi spécifique, et que l’attitude d’Oracle avait plutôt freiné le projet, de quoi renforcer nos soupçons ! Ce qui est certain aujourd’hui, c’est que le Linux sino-coréo-japonais sera disponible prochainement, à une échéance de 6 mois. “Je pense qu’il faudra attendre encore six mois pour commencer à voir apparaître des produits sur le marché” a déclaré Lu Shouqun à l’agence Reuters. Le seul doute qui subsiste aujourd’hui porte sur l’accès gratuit au système d’exploitation pour les entreprises étrangères… L’alliance China Open Source Software Promotion Union ne s’est pas encore prononcé sur ce point, mais lorsque l’on sait que les industriels américains que nous avons évoqués plus haut sont acteurs de l’alliance, on est en droit de penser que ce ne sera qu’une formalité. Bref, il est plus que vraisemblable que la Chine, la Corée du Sud et le Japon auront prochainement accès à une distribution de Linux adaptée aux particularités locales, oubliées par la communauté du libre, qui sera mise gratuitement à la disposition des entreprises asiatiques. Tout en conservant une approche ouverte. “Nous sommes favorable à un modèle international pour Linux, pas pour une autre version entièrement asiatique. Ce n’est pas réalisable de toute façon” a rappelé Lu Shouqun. Les enjeux sont à la hauteur du rapprochement inattendu de ces trois pays sur ce projet, qui pourtant ne s’entendent pas outre mesure?


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