L’avenir de Moneo passe-t-il aussi par Navigo ?

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Un projet est actuellement à l’étude pour marier le porte-monnaie électronique Moneo à la technologie sans contact du passe Navigo, le nouveau badge sans contact des transports en commun parisiens

En France, tout le monde commence à connaître Moneo, le porte-monnaie électronique. Mais si l’on s’imagine facilement trouver les plus grandes banques françaises à la tête du consortium responsable du projet, Billettique Monétique Services (BMS), on s’attend moins à trouver à leurs côtés des entreprises comme la RATP ou la SNCF. En effet, dans l’inconscient collectif, le concept de porte-monnaie électronique est largement associé à l’univers de la banque et de la carte de paiement. Pourtant, dans d’autres endroits de la planète comme Hong-Kong, la carte sans contact Octopus permet non seulement aux habitants d’emprunter les transports en commun mais elle leur permet aussi de régler des petits achats auprès des commerçants de la ville. C’est pourquoi, dans le cadre de sa stratégie de veille technologique, la participation au consortium BMS fait sens, pour une entreprise de transport comme la RATP. Car, si elle estime n’avoir «

ni la légitimité, ni la volonté d’élaborer des applications qui ne sont pas strictement dans le domaine du transport», elle se dit prête pour autant à intégrer à sa carte de transport Navigo, d’autres services «en liaison avec la ville». Une carte à puce sans contact En effet, depuis quelques années déjà, et en association avec l’ensemble des autorités qui régissent les transports en commun d’Ile de France, la RATP étudie la technologie de la carte à puce sans contact. Et c’est d’ailleurs la solution qui a été retenue pour le nouveau “passe urbain Navigo”, amené à terme à remplacer le ticket à bande magnétique. Le projet est déjà sur les rails, à tel point que de plus en plus de portillons d’accès au métro parisien ne sont plus équipés de lecteurs de tickets à bande magnétique et ne sont du coup accessibles qu’aux porteurs du “passe urbain”. Des acteurs de la carte de paiement comme Visa et Mastercard ou des fabricants de téléphones portables tels que Sony et Motorola étudient sérieusement l’éventualité d’un passage à la technologie du “sans contact”, pour certains modes de paiement. En fait, chacun cherche à savoir quel serait le support matériel idéal pour héberger le porte-monnaie électronique : une carte que l’on introduit dans un lecteur, une carte sans contact ou encore son propre téléphone portable que l’on approcherait d’une borne?? En France, au sein du consortium BMS, le projet de rapprocher le porte-monnaie électronique Moneo de supports sans contact de type Navigo, est une idée étudiée plus que sérieusement, considérant que les premiers prototypes devraient être à disposition de BMS pour le premier trimestre 2005. Reste à savoir si, au delà de ces tests, la solution sera étendue à l’ensemble du grand public? La difficulté: conjuguer des intérêts divergents Car comme dans tous les projets de ce genre, les difficultés dépassent souvent le simple cadre technologique. Au plan pratique, il n’est en effet jamais évident d’accorder les intérêts, parfois même divergents, des différents acteurs d’un projet d’une telle ampleur. D’autant qu’au delà du transport en commun et du paiement d’autres intervenants pourraient être intéressés par un support capable d’accueillir des applications « multi-services ». Par exemple, le CROUS de Paris (Centre Régional des Oeuvres Universitaire et Scolaires), organisme de gestion des restaurants universitaires, souhaiterait pouvoir remplacer les tickets papier par des badges rechargeables sans contact. L’accueil très réservé fait à Moneo jusqu’ici, tant par les utilisateurs que par les commerçants, conduira-t-il le consortium BMS à changer son fusil d’épaule et à aller plus loin sur la voie du « multi-service » ? Quoi qu’il arrive, ce sont les utilisateurs qui décideront? Après tout, peut-être préfèrent-ils entendre le son des pièces de monnaie dans leurs poches?


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