Le ’12’ disparaîtra pour devenir ‘118 xxx’ . Oui, mais…

Régulations

Le 3 avril 2006, le “12” des renseignements de France Télécom aura disparu. Il sera remplacé par des numéros à six chiffres commençant par 118 -ce qui suscite une compétition

Comme nous vous l’annoncions en décembre, le “12”, l’historique numéro des renseignements téléphoniques de France Télécom, va tirer sa révérence. En avril 2006, il laissera sa place à un numéro à 6 chiffres commençant par 118.

Dans le même temps, tous les numéros courts à quatre chiffres mis en place par des services de renseignements alternatifs (Scoot, etc.) seront également remplacés par le même type de numéros à six chiffres. L’objectif de la mesure n’est pas, on l’aura compris, de faciliter la vie des gens avec un numéro à 6 au lieu de deux chiffres. Il s’agit de placer tous les acteurs du renseignement téléphonique sur le même pied d’égalité. C’est la concurrence qui a réussi à “tuer” notre mythique 12. Suite à une plainte de fournisseurs de services similaires concurrents, le Conseil d’Etat a jugé que le 12 ne devait plus être utilisé car il constituait une “distorsion”à “l’objectif de concurrence effective et loyale” sur ce marché. En effet, la concurrence (comme Scoot) doit utiliser des numéros plus longs et plus complexes pour le même service. La balle est alors venue dans le camp de l’ART, le régulateur des télécoms. Il vient de publier un document de synthèse notifiant la disparition du “12” et les orientations prises. Le 3 avril 2006, le numéro à 2 chiffres aura définitivement disparu. D’ici là, tous les acteurs de ce marché se verront attribuer un numéro à six chiffres commençant par 118. Et c’est là que ça commence à coincer, car beaucoup se précipitent au portillon. Et chacun craint que le concurrent obtienne un numéro plus facile à retenir que le sien. En conséquence, l’ART a pris une disposition: “Afin de répondre à une demande initiale importante et d’attribuer ces nouveaux numéros dans des conditions objectives, transparentes et non discriminatoires”, ces numéros seront attribués par tirage au sort. Celui-ci aura lieu le 11 mai 2005. Les opérateurs candidats devront avoir déposé un dossier complet avant le 15 avril. Ils auront droit à un maximum de dix numéros par groupe (une seule candidature est acceptée pour l’ensemble des entreprises d’un même groupe). Pour France Télécom, la disparition du “12” n’est pas une bonne nouvelle. “Cette offensive se fait au détriment des consommateurs: alors que le marché des renseignements est structurellement en déclin (face à Internet, ndlr), la mise en place d’un numéro plus compliqué n’est pas de nature à relancer ce service. On constate au niveau européen que ce marché n’a pas remonté avec la mise en place d’une numérotation complexe”, explique-t-on chez l’opérateur. Son numéro ne se distinguera plus de celui de la concurrence. Rappelons que selon une étude réalisée en août 2003 par le cabinet d’études américain Pelorus Group, le marché français du renseignement téléphonique se répartissait à cette date à 53% pour France Télécom, 46% pour les opérateurs mobiles et le reste pour les autres acteurs. Les futurs “118 xxx” devront proposer au minimum à leurs clients l’équivalent des pages blanches, soit les numéros de téléphones fixes, de mobiles et de téléphones sur Internet (du type 087), ainsi que les numéros de services gratuits ou payants commençant par “08”, a décidé l’ART. Ils seront libres de fournir aussi les numéros professionnels, internationaux, l’annuaire inversé, la mise en relation avec l’interlocuteur demandé ou l’envoi de renseignements par mail ou SMS. Comme aujourd’hui, le prix d’accès à ces services sera libre, à l’exclusion du cas particulier du prestataire du service universel dont les tarifs restent contrôlés -France Télécom. L’opérateur historique a d’ailleurs annoncé une hausse du tarif de ce service: depuis un poste fixe, le prix passe à 90 centimes d’euro l’appel, soit une augmentation de 12,4%. Depuis une cabine, le service bondit de 67% à 74 centimes d’euros, soit 5 unités (cf. notre article).


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