Le blues des informaticiens -mais sont-ils toujours là?

Régulations

Depuis quelques mois, la presse informatique s’intéresse de près au directeurs informatiques, que dis-je, au CIO ? Corporate Information Officier

De nombreux ouvrages leur sont consacrés, des études comme celle très récente du Gartner qui leur promet la porte! Sauf s’ils ne savent pas s’adapter aux demandes de réductions des coûts et d’amélioration des performances. Hé oui, ce n’est pas la publication de cette étude qui va les rassurer.

Il est vrai que le temps est révolu où ces directeurs informatiques, devenus directeurs de l’organisation et de l’information puis directeur du système d’information, régnaient en Maître sur un budget en croissance permanente, où on montrait la salle informatique comme une curiosité ou plutôt comme un danseuse, trop chère mais nécessaire. Bien entendu, je ne remets pas en cause le bien-fondé de l’informatique. Evidemment ! Je ne vais pas me prendre pour un bobo-écolo-borné qui serait contre le progrès, le numérique, les télécoms et Internet. Evidemment, non ! Mais il est bien fini le temps où les CIO, puisqu’il faut les appeler ainsi, étaient les protégés des directions générales ou financières. Ils ont fait de grands travaux d’infrastructures, migré de systèmes centraux à des clients-serveurs, réclamé toujours plus de postes de travail de plus en plus sophistiqués, de budgets de mise à jour, augmenté les dépenses en terme de sécurité, d’échanges? Aujourd’hui, les applications sont là, ils ont même mis en place des ERP, des workflow, webisé les applications. Ils ont réussi à passer l’an 2000, à intégrer l’euro?

Récession

Et maintenant, en cette période de récession, ces enfants gâtés de la high-tech et du toujours mieux, toujours plus beau, toujours plus vite, toujours plus? pour toujours changer, sont déboussolés. On leur demande des comptes, il faut qu’ils prouvent que l’évolution, les mises à jours et autres nouveaux chantiers vont servir à l’entreprise et ? surtout combien ça va rapporter !

Et là, ils sont mal !

Autant ils savent bâtir des usines à gaz, gérer des versions, des chaînes applicatives, faire des dossiers, gérer des projets, avoir des troupes avec leur MO (maître d’ouvrage) et ME (maître d’?uvre), leurs consultants? Autant là, ils sèchent. Ils dépriment. Ils voient même leur position remise en cause. Ils sont quelquefois rétrogradés, ils ne font même plus partie du comité de direction. Ils deviennent exécutants de la stratégie mais pas du tout acteurs, ni même conseils. Les directions métiers prennent ou plutôt reprennent du pouvoir. Certaines entreprises se laissent séduire par l’outsourcing, par l’informatique à la demande? Certains vont dire, qu’il y a encore beaucoup à faire, qu’ils sont indispensables, qu’il y a aussi l’Intranet, les échanges avec les administrations, les clients, les partenaires? Oui, mais plus les choses se normalisent, plus il est difficile de justifier des coûts énormes et sans mesure de la rentabilité à une direction générale.

Communiquer en interne

Ces super chefs de projet, managers, souffrent bien souvent d’un manque de connaissance de l’entreprise, de ses métiers. Ils sont encore trop tournés vers leur service et non pas vers les directions et les métiers de l’entreprise. Combien de directions informatiques disposent d’un plan et d’outils de communication internes ? Attention, quand je dis « outil », ça ne veut pas dire qu’il y a un portail et que l’on y trouve la documentation, les procédures et numéros d’appel. Non ! Et là, le bât blesse. Certains CIO ne savent pas argumenter, défendre des projets, et surtout mettre en place l’accompagnement nécessaire auprès des directions concernées, auprès du “middle management” et des utilisateurs. Il est bien loin le temps où les informaticiens disaient aux utilisateurs : « C’est comme ça. Faudra vous adapter, vous n’avez pas le choix ! ». Aujourd’hui, si les utilisateurs ne sont pas impliqués, intéressés au projet, ils ralentiront, voire feront avorter ledit projet. Alors Messieurs les CIO, il faut penser à communiquer en interne, à vulgariser les choses, à devenir populaire et tout s’arrangera. Inutile de voir un psy spécialisé en CIO !

Heureusement, ce n’est pas partout comme ça?

Bonne semaine!


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