Le Cigref fête ses 35 ans, avec une flopée de rapports!

Régulations

Le Club des directeurs informatiques est né en 1970: 35 ans déjà. A l’occasion de cet anniversaire célébré, avec foule, au Pavillon Gabriel à Paris, ses animateurs ont tracé des perspectives jusqu’en 2010. Le président, Jean-Pierre Corniou (DSI de Renault) y a ajouté sa harangue anti-morosité, anti-économico-patriotique, sur le ton “Allez la France!”

Une vénérable dame, une respectable institution? Ou une association corporatiste qui tente vainement de se constituer en groupe de pression? Un club de dirigeants ‘bcbg’? Ou un syndicat de DSI élitistes (sortez votre carte ‘grands comptes’…)?

Le CIGREF est-il aussi caricatural? Il s’ouvre – c’est promis, son AG est traditionnellement une grand’messe conviviale, où l’on récapitule les travaux des commissions -qui produisent des rapports accessibles et souvent intéressants. A 35 ans, c’est un cercle où la parité homme / femme progresse (un peu tout de même…), où l’on peut, malgré tout, débattre de tout -y compris des licenciements des grands de l’industrie et des rapports (de force) avec les fournisseurs et leurs représentants, comme le Syntec, l’autre grande institution du quartier d’en face (avec laquelles les relations se sont récemment normalisées). Cet anniversaire a été l’occasion d’évoquer “les grandes étapes de l’histoire de l’informatique, l’évolution du positionnement et de la stratégie du CIGREF dans la société de l’information et sur le rôle des DSI et la place de la fonction Systèmes d’Information dans la stratégie de l’entreprise“. Occasion également de faire un bilan “CIGREF 2005, plan stratégique“, lancé en 2001. Les grandes thématiques se confirment: “gouvernance, relations fournisseurs, ressources humaines, innovation, recherche, intelligence économique” – et le grand sujet à la mode, fort prisé du président (ouvrage à l’appui) “la création de valeur“… L’une des synthèses présentées en fin de session, prospective en fait, concerne les grands axes pour les 5 années à venir: “CIGREF 2010“. Présenté par Marie-Noëlle Gibon (DSI, groupe La Poste) et Renaud de Barbuat (EDF), ce rapport désigne les grandes lignes directrices. On a retenu que 3 domaines d’activités stratégiques vont mobiliser les Directions des Systèmes d’Information: 1-se mettre plus encore au service des métiers et de la direction générale: ceci implique, pour résumer, de “travailler sur la performances des processus“, en se focalisant notamment sur “l’entreprise ouverte et collaborative“; 2-améliorer la performance durable des S.I.: premiers retours d’expérience sur les chantiers “d’urbanisation” du système d’information; à suivre: l’évolution (rupture ou non?) des infrastructures avec, par exemple, le déploiement de la VoIP et l’assurance sécurité. Et un défi: cultiver la synergie “flexibilité et robustesse”; 3-bonifier le management et l’animation de la fonction S.I.: la dimension critique des ressources humaines, avec une bonne gestion de la pyramide des âges (départs, relèves…), mais aussi le management des services partagés (“en interne, il ne faut pas se tromper, on ne peut pas tout régler en contrats de services!). Bref, place à un plus grand professionnalisme, encore. Et l’affirmation, martelée, que la direction S.I. est une fonction d’exécutif, à part entière! En clôture de cette soirée AG et anniversaire, Jean-Pierre Corniou, président (par ailleurs, DSI de Renault), ne s’est pas privé de réaffirmer -dans cette enceinte où une bonne partie des 120 entreprises adhérentes sont des structures para-publiques ou dénationnalisées – certains poncifs d’économie libérale. Quitte à être à contre-courant de la “pensée unique” gouvernementale actuelle. (extraits) “La DSI ne doit plus être considérée comme un centre de coûts. C’est un centre de création de valeur (…) parce que nous sommes sortis de nos salles blanches. Nous sommes dans la rue, nous appartenons pleinement à notre époque , nous sommes sortis de l’anonymat (…) Certains sont inquiets à cause des processus d’externalisation ou d’off-shore. C’est à tort. (…) Notre dessein c’est de nous fier à la pensée systémique, laquelle doit nous permettre de recomposer les ensembles de l’entreprise. (…). L’intérêt, c’est étendre le champ du savoir. La mondialisation? C’est un champ d’opportunités. Il n’y a pas de raison de se plaindre que des entreprises ferment en France – alors que nous pourrions, qui sait, fermer un jour des entreprises françaises en Pologne…” [ou en Belgique, NDLR]. “Nous avons envie de remporter la compétition avec l’équipe France!” J.P. Corniou a conclu également sur le registre auto-critique: “Il faut sortir de l’artisanat d’art, il faut industrialiser nos processus (…) Et nous avons un problème de relation au temps. L’informatique est trop lente (…) Il faut casser les murs pour que nos organisations puissent mieux bénéficier des nouvelles technologies“. Mais surtout, au final “il faut sortir de la morosité ambiante de la France actuelle.” Des messages d’ouverture La présentation du rapport “CIGREF 2010” a été l’occasion de prendre des engagements: le club a décidé de s’ouvrir [plus largement?] aux grandes administrations, de s’ouvrir aux filiales des grandes sociétés internationales présentes en France, et d’accentuer les passerelles au niveau européen, via l’association Euro-CIO, sise à Bruxelles. La moisson des rapports 2005-2010

Le CIGREF -tient à rappeller Stéphane Rouhier, en charge de la communication (et spécialiste des télécoms)- a publié au cours de l’année 2004-2005 les rapports suivants : -Vers un standard de pilotage des coûts informatiques. La recherche au Cigref – Cahier n° 2. -Le projet d’annuaire d’entreprise – pilotage par la valeur. -L’Intelligence Economique appliquée à la Direction des Systèmes d’Information. -La nomenclature RH. -L’analyse Post Projet La recherche au Cigref – Cahier n° 1. La recherche au Cigref – Cahier introductif. -La dynamique des relations autour des systèmes d’information dans les équipes de direction des grandes entreprises françaises (étude CIGREF ? McKinsey). -Usages business des technologies sans fil. -Le marché de la mobilité en France et à l’international. -Intelligence juridique et systèmes d’information. Ces rapports sont acessibles à tous, téléchargeables (gratuitement!) sur le site du CIGREF : http://www.cigref.fr (rubrique publication). Le CIGREF a également publié conjointement avec l’AFAI au sein de l’IGSI, les rapports suivants : -Le plan de compte informatique -Le modèle de benchmarking -La place de l’IT Governance dans la Corporate Governance Ces trois rapports sont également gratuits et téléchargeables sur le site de l’IGSI http://www.itgi-france.com/


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