Le créateur du noyau d’Amiga OS revient avec REBOL 3.0, un langage de nouvelle génération

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REBOL, langage prometteur mais méconnu, fait son come-back. Cette version adopte un modèle de licence hybride et se veut plus flexible et extensible que précédemment.

Carl Sassenrath est loin d’être aussi connu que les ténors du monde informatique, comme Linus Torvalds ou Dennis Ritchie (pour n’en citer que deux). Et pourtant, il est le créateur du noyau utilisé au sein du système d’exploitation des Amiga, des ordinateurs personnels qui ont été à l’origine d’une véritable révolution… à leur époque. Ce micronoyau très moderne supportait alors le multitâche préemptif, chose inédite dans le secteur grand public.

Peu avant 2000, Carl est revenu sur le devant de la scène avec REBOL, un langage interprété rapide et novateur. Le code REBOL est particulièrement simple à écrire et à maintenir, quoiqu’il adopte une syntaxe très différente de celle de la plupart des langages de programmation actuels. Ce logiciel est livré clés en main, un unique exécutable de petite taille comprenant l’interpréteur et toutes les librairies de base. À tort confondu avec des produits comme Python, REBOL propose une approche inédite permettant de mettre au point des outils réseau complexes en un tournemain. Sa souplesse est telle qu’il est possible de créer des langages métiers, qui pourront venir se greffer à REBOL. Innovante, cette solution a souffert de son manque d’ouverture (en effet, ce n’est pas un produit open source), ne lui permettant pas d’atteindre la masse critique nécessaire à son succès. Elle a su cependant rassembler une petite communauté d’utilisateurs passionnés.

Après plus de quatre années de développement (et de très nombreuses moutures de test), la version alpha de REBOL 3.0 fait enfin son entrée sur le serveur de la compagnie. Si le cœur de l’interpréteur reste sous licence propriétaire, les composants gravitant autour (accès aux fichiers, pile réseau, interface graphique, fonctions de base, etc.) sont tous livrés avec leur code source. Ce modèle hybride sera-t-il à même de rassembler une plus large communauté autour de ce produit ? Rien n’est moins sûr. Toutefois, les développeurs pourront aussi créer leurs propres extensions, en REBOL ou en C, et ce, en adoptant la licence leur convenant. 3D, traitements mathématiques lourds et accès natifs aux bases de données deviennent ainsi à la portée de cette solution. Une petite révolution pour cet outil, qui pour des raisons de portabilité conservait auparavant ses distances avec l’OS hôte. En fait, ce changement de cap n’est pas tellement différent de celui opéré quelques années auparavant par d’autres solutions multiplateformes, comme Java ou AIR, qui se sont elles aussi rapprochées de l’OS hôte.

REBOL 3.0 est aujourd’hui accessible sous Windows, Linux, Mac OS X, FreeBSD, OpenBSD et Amiga OS. À terme, il sera disponible sur un plus grand nombre de plates-formes, en moutures desktop, serveur, embarquées ou même sous la forme de greffons pour les navigateurs web.


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