Le ‘google’ chinois Baidu agace les Majors

Régulations

La Chine nage parfois en pleine contradiction. D’un coté le gouvernement censure certaines pages Web, et de l’autre il laisse libre cours au piratage sur le premier moteur de recherche du pays Baidu.com avec une part de marché de 37,4%

Les éditeurs de musique ont l’intention de prendre le taureau par les cornes. Les grands labels musicaux Universal, EMI, Warner, Sony BMG et leurs filiales ont intenté une action en justice contre le moteur de recherche de l’empire du Milieu : Baidu. Pour les géants du disque Baidu est en partie responsable du piratage massif qui se fait actuellement en Chine.

Dorénavant, le groupe sait à quoi s’en tenir et la direction confirme sans sourciller qu’il est bien “accusé de violations des droits d’auteur de centaines de chansons .” Et pourtant dans un communiqué, Baidu a assuré qu’il “s’est toujours fait l’avocat de l’amélioration de la protection des droits d’auteur sur l’Internet et est en discussion avec les parties concernées”. Une déclaration pour le moins surprenante. “Nous confirmons que Baidu fait l’objet d’une action en justice pour violation présumée de droits d’auteur musicaux”, a déclaré sans précisions à l’AFP le vice-président du marketing de la société chinoise, Liang Dong. Le responsable confirmait des informations d’un quotidien hongkongais des affaires :le Standard, selon lequel les groupes d’édition musicale accusent Baidu, parfois qualifié de “Google chinois”, de faciliter l’accès au téléchargement illégal de leurs chansons. Cinepoly, Go East et Gold Label poursuivent également Baidu. Le label chinois Shanghai Busheng Music Culture Media a également intenté une action en justice en juin. Les labels demandent des dommages et intérêts, mais exigent avant tout la suspension des services qui permettent aux internautes d’avoir un accès gratuit à des produits faisant l’objet de droits d’auteur, selon le journal. Baidu.com avait gagné une réputation internationale début août lors d’une entrée triomphale à la Bourse de New York, où le titre avait terminé sur une envolée spectaculaire de 354% rappelant les folles heures de l’internet à la fin des années 1990. L’action a cependant chuté de 28% mercredi après que des analystes ont averti qu’elle était grandement surévaluée. La prochaine étape pour Baidu pourrait être de fermer son moteur de recherche MP3, qui est pourtant très populaire parmi les jeunes internautes chinois. Pour une fois la censure se fera à contre-courant.


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