Le jeu dangereux de Microsoft pour conserver Paris

Régulations

La rumeur enfle que Microsoft aurait consenti à une remise de 50% sur ses produits afin de contrecarrer l’arrivée de Linux sur les ordinateurs de la ville de Paris. Quelque soit le choix de la Mairie, Microsoft risque d’être le grand perdant !

Même s’il ne s’agit encore que d’une étape dans la négociation commerciale que la ville de Paris mène pour réduire son budget logiciel, le passage de Windows à Linux ferait figure de symbole, pour tant est que le marché échappe à Microsoft !

Un symbole pour l’éditeur, et des dizaines de millions d’euros, qui auraient selon la rumeur amené Microsoft à proposer une remise de 50% sur ses produits. Cependant, en admettant même que cela ne soit qu’une rumeur de plus, le mal en tous cas est fait ! En effet, l’hypothèse de la ville de Paris de basculer sur Linux s’inscrit dans une chaîne qui remonte sur des déclarations ministérielles, des réflexions d’administrations et d’Etats. Car la migration vers Linux n’est plus une démarche technologique, mais bien aujourd’hui un choix politique. Le Brésil, le Japon, la Chine, Munich, mais aussi la France et Paris, de nombreux Etats européens et des administrations du monde entier ont adopté une démarche très concrète vers les logiciels libres, et pour certains ont déjà franchi le pas? Politique, certes, mais aussi stratégique, car le monde du logiciel libre a de quoi séduire ! Tout d’abord par la perspective de réduire le coût des logiciels et des développements, surtout pour les applications de bureau. Ensuite par les problématiques de sécurité qui collent aux produits Microsoft, et pour lesquelles la sortie de la SP2 de Windows, destinée en particulier à sécuriser l’environnement vedette de l’éditeur, risque de n’être qu’une rustine insuffisante. Enfin par la perspective de stimuler les industries du logiciel locales par l’appel à l’open-source, et non plus à un unique éditeur américain de solutions propriétaires. V?ux pieux s’il en est ! Mais il y a plus grave pour Microsoft, car à chercher à tout prix à affronter Linux à coups de remises, en plus d’être une solution technologique alternative, l’open-source pourrait rapidement devenir un argument commercial pour des sociétés qui n’envisagent pas de changer d’environnement, mais vont trouver là un sacré argument pour faire pression sur Microsoft et obtenir des remises supplémentaires. A ce petit jeu, tout le monde risque d’être perdant? Microsoft, qui y perd de sa crédibilité commerciale et fournit le bâton pour se faire battre. Et les entreprises, qui pourraient se faire coincer dans leur négociation et se voir contraintes à migrer plus rapidement que prévu vers des environnements alternatifs qu’elles et leurs employés ne maîtrisent pas. Quoi qu’il arrive, Paris pourrait une nouvelle fois prendre des allures de symbole?


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