L'e-learning reste complémentaire de la formation classique

Régulations

Le Web collaboratif devrait donner un nouveau coup de fouet au secteur, prédit Gilles Eugenia, p-dg de Training on line 

Parfois, les grands desseins issus des révolutions technologiques ne se vérifient pas dans les faits. Nombreux étaient ceux qui prédisaient la mort du papier avec Internet, il n’en n’est rien. D’autres estimaient que les formations professionnelles en ligne (ou e-learning) allaient faire disparaître les bons vieux stages en face à face. Encore une fois, les oracles se sont mis le doigt dans l’oeil, l’éclatement de la bulle internet ayant eu raison de ce secteur.

Si le e-learning revient aujourd’hui en force, avec des cours ou des stages interactifs en ligne qui permettent de gagner beaucoup de temps et de se mettre à niveau, ce type de prestation reste encore marginale dans les entreprises. “Ce n’est pas un produit autonome mais un produit complémentaire.A terme, il pourrait couvrir 30 % des besoins de formation des entreprises“, nous explique Gilles Eugenia, directeur de Training On Line un des spécialistes de la formation professionnelle.

“Les entreprises mettent aujourd’hui en place le ‘blended learning’, un mix entre les outils traditionnels et les outils en ligne”, poursuit le dg. Le e-learning commence à faire ses preuves mais les salariés restent attachés au format traditionnel de la formation professionnelle avec des stages en extérieur et un formateur ce qui permet l’échange, la motivation et la valorisation. Un récent sondage montre ainsi que 94% des salariés privilégient le face à face, mais 49% estiment que la formation en ligne est un bon complément.

“Les outils mis en place sont de mieux en mieux perçus car ils sont de plus en plus didactiques et créatifs. Le gain de temps est immédiatement perceptible. Pour autant, certains pensent encore que l’on est face à une formation au rabais”, souligne Gilles Eugenia.

Quels sont les terrains favorables à l’e-learning ? “Ils sont variés et concernent des champs classiques comme les langues et la bureautique mais de plus en plus les applications métiers (lancement d’un nouveau modèle, accompagnement applicatif, commercial)”, ajoute le directeur.

Mais c’est le web 2.0, ou plutôt le web collaboratif qui pourrait donner un nouveau souffle au e-learning. “C’est une révolution qui s’instaure”, s’exclame Gilles Eugenia. “Le côté académique des outils en ligne avec un début et une fin va fortement évoluer. La salarié ira chercher lui même ses outils depuis différentes sources et pourra les agréger au sein d’une sorte de portofolio. Chaque personne pourra se constituer son propre parcours d’apprentissage. Nous commençons aujourd’hui à développer ce type d’outils”.

Le vidéoconferncing, qui monte en puissance avec les dernières technologies de vidéo IP, devrait également constituer un levier de croissance pour le secteur. “Mais là encore, il viendra s’insérer en complément car le stage en réel conserve ses vertus”.

Reste une question : le coût de ces outils en ligne pour les entreprises. “La fourchette d’un projet s’étale de 10.000 euros à 20.000 euros, cartains projets sont plus coûteux, d’où l’idée pour des entreprises du même secteur de mutualiser leurs dépenses”.

C’est ce qui a été fait pour trois compagnies d’assurance (AGF, Generali et Groupama) qui ont fait développer par Training On Line un produit commun visant à former les salariés sur des techniques d’assurance collective. Il se présente sous la forme d’un didacticiel interactif en flash. “Le projet a coûté moins de 50.000 euros mais si chaque assureur l’avait développé dans son coin, le coût aurait été multiplié par trois”, précise Gilles Eugenia.


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