Le marché français du cloud computing dépasserait les 2 milliards d’euros en 2012

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Après avoir atteint 1,85 milliard d’euros en 2010, les revenus du marché français du cloud computing devraient toucher les 2 milliards d’euros cette année, a indiqué l’AFII dans un bilan.

Les revenus du marché français du cloud computing se seraient élevés à 1,85 milliard d’euros en 2010, dont 672 millions d’euros générés par des PME. Cette année, le secteur devrait dépasser les 2 milliards d’euros et représenter 6 % du marché français des logiciels et services (estimation Nexima). Selon un bilan de l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII), la croissance du marché est profitable aux multinationales, aux PME, ainsi qu’aux nouveaux entrants qui « bénéficient en France d’un environnement très favorable à leur développement ».

IBM, Atos et les jeunes pousses du cloud

Aux côtés des multinationales d’origine américaine, IBM, Microsoft, Amazon ou encore Google, s’activent sur le marché de l’informatique en nuage des SSII françaises telles Cap Gemini, Steria et Atos. Cette dernière a récemment lancé la coentreprise Yunano avec la société chinoise Ufida, afin de fournir des logiciels de gestion et des services associés en mode « cloud ».

D’autres acteurs sont actifs sur ce marché. Parmi eux les opérateurs Orange, SFR et Bouygues Telecom, et la société Systancia créée en 1998. Entreprise installée en Alsace et à Paris, Systancia compte parmi les principaux acteurs européens du logiciel de virtualisation de postes de travail et d’applications (SaaS – Software as a Service).

Joyent, fournisseur américain d’infrastructures et de plateformes en mode hébergé (IaaS – Infrastructure as a Service & PaaS – Platform as a Service), se positionne parmi les nouveaux entrants, la société étant implantée dans la région Île-de-France depuis 2010.

Andromède, le grand projet

L’an dernier, l’État français a lancé le projet Andromède visant la création de « grandes centrales numériques européennes » à même de fournir aux entreprises et administrations locales de hautes capacités de calcul et de stockage en mode cloud. Il s’agit également de donner davantage d’autonomie à l’économie française vis-à-vis des États-Unis, ses entreprises et ses autorités.

Le consortium quadripartite public-privé formé pour mettre en œuvre Andromède regroupait initialement l’État français, pour un investissement de 135 millions d’euros par le biais de la Caisse des Dépôts, Orange et Dassault Systèmes (60 millions d’euros d’investissements chacun), et Thales (30 millions d’euros). Le retrait récent de Dassault Systèmes, suite à un différend avec Orange, en modifie l’exécution.

Éric Besson, ministre chargé de l’Industrie, de l’Énergie et de l’Économie numérique, a néanmoins déclaré à la suite de ce retrait : « le cloud computing est stratégique pour l’économie française et la compétitivité de nos entreprises. L’État ne déviera pas ». Par ailleurs, la SSII Atos s’est déclarée prête « évidemment à discuter avec l’État » d’une éventuelle intégration au projet.

Les « investissements d’avenir » soutiennent l’informatique en nuage

Parallèlement au projet Andromède, le gouvernement français a lancé en 2011 un premier appel à projet de recherche et développement dédié au cloud computing dans le cadre du programme des investissements d’avenir. Cinq projets vont bénéficier d’un soutien public de 19 millions d’euros :

CloudForce, plateforme d’ingénierie logicielle développée par Orange Labs ; CloudPort, un ensemble d’outils de portage d’applications proposé notamment par la PME Prologue ; Magellan, projet d’infrastructure logicielle porté par Bull ; le projet de cloud communautaire Nu@ge porté par Non Stop Systems et, enfin, UnivCloud, projet de nuage à destination des établissements d’enseignement supérieur porté par l’Université Numérique Paris Île-de-France (UNPIdF) et INEO, Groupe GDF SUEZ.

« En soutenant financièrement des projets impliquant des concepteurs de systèmes informatiques, des opérateurs de télécommunications, des éditeurs de logiciels ou intégrateurs, des laboratoires de recherche et des PME innovantes, le programme d’investissements d’avenir conforte la dynamique de partenariats créée par les pôles de compétitivité », a déclaré par voie de communiqué David Appia, président de l’AFII.

La France compte huit pôles de compétitivité soutenant le développement du cloud computing, à savoir : Cap Digital et System@tic (Île-de-France), Elopsys (Limousin), Images et Réseaux (Bretagne et Pays de la Loire), Imaginove et Minalogic (Rhône-Alpes), Solutions Communicantes Sécurisées en région PACA et, enfin, TES (Basse-Normandie).


Auteur : Ariane Beky
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