Le mobile ne serait pas dangereux pour la santé

Régulations

Une étude à paraître ce vendredi 20 janvier dans l’édition en ligne du British Medical Journal (BMJ) démontre qu’il n’existe aucun lien entre la présence d’une tumeur cérébrale et l’usage du téléphone portable

“Aucun risque spécifique n’a pu être mis en évidence en relation avec la durée moyenne et la fréquence des appels passés, l’âge de l’usager, ou le nombre d’années d’usage”, indiquent Patricia McKinney (université de Leeds) et ses collègues dans cette étude. L’étude a été menée sur 966 Britanniques âgés de 18 à 69 ans, se servant régulièrement d’un téléphone portable et ayant souffert entre 2000 et 2004 d’un gliome, une forme de tumeur cérébrale relativement fréquente chez l’homme. Ces résultats ont été comparés avec ceux enregistrés sur 1.700 usagers de téléphones portables en bonne santé. Ces résultats confirment les conclusions de travaux déjà menés aux Etats-Unis, au Danemark et en Suède, notent les auteurs. Malgré tout, cela ne suffisait pas à rassurer les consommateurs balancés entre une multitude d’études souvent contradictoires. Du coup, pour faire la part du vrai, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) avait souhaité récemment que des études poussées soient menées sur les risques de cancer du cerveau lié à un usage intensif des portables, en particulier pour les enfants. Enfin, il reste un risque spécifique lié à l’usage des téléphones portables en zone rurale, où le signal électromagnétique est plus puissant pour compenser l’espacement des antennes-relais. Cet état de fait a été montré du doigt par des scientifiques. Selon nos confrères de l’AFP, cette étude du BMJ a été réalisée dans le cadre d’une étude internationale Interphone, menée dans treize pays sur les effets pour la santé du téléphone portable. Les ombres au tableau?

Sans mettre en doute l’impartialité des scientifiques britanniques, leur conclusion s’accompagne pourtant de questions qui laissent planer un certain doute. Par exemple, l’étude reconnaît que le nombre de tumeurs du cerveau augmente, 4.000 nouveaux cas sont diagnostiqués annuellement en Grande-Bretagne et 20.000 aux Etats-Unis. Mais surtout, l’étude constate que chez les personnes atteintes d’un cancer, les tumeurs sont généralement présentes sur le coté de la tête qui utilise le téléphone mobile ! Interpellé sur cette singularité, le Professeur Swerdlow, de l’Université de Manchester, affirme qu’elle proviendrait du suivi trop régulier des patients dans le cadre de l’enquête. “Les gens ont tendance à se rappeler et/ou embellir ou falsifier de souvenir de choses qu’ils pensent qu’elles pourraient être importantes“. Et pour balayer les doutes, il rappelle que “Globalement, nos découvertes sont consistantes avec la plupart des études sur l’utilisation des téléphones mobiles“. Nous voilà rassurés ! Jusqu’à la prochaine étude qui démontrera certainement le contraire?


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