Le pare-feu de Genitech contre le virus H1N1

Sécurité

Lors d’une conférence de presse d’information et de prévention contre la grippe A, la société de services informatiques Genitech a défini son plan d’action, afin d’éviter la propagation du virus dans ses locaux.

La salle réunissait plusieurs acteurs du domaine de la médecine, ainsi que l’entreprise de services informatiques Genitech. Si le gouvernement français présente au retour de vacances ses mesures préventives face à la grippe porcine (ou grippe A) certaines entreprises ont déjà pris les devants pour limiter la propagation du virus H1N1.

C’est le cas de la société Genitech qui a mis en place un dispositif sécurisant son environnement de travail. « En tant que chef d’entreprises, j’avais la responsabilité d’assurer la sécurité de mes employés tout en garantissant la même production de travail», à déclaré le directeur général, Didier Plas.

La firme a donc adopté un changement radical de comportement, en instaurant notamment des journées sans contacts. Et cela n’a pas été facile de les faire accepter. « La France est un pays latin, l’absence de contact est plus évident à mettre en œuvre dans des pays tel que le Japon où le contact n’est pas ancré dans la culture », explique Zineb Ouazene, médecin du travail. Plus de mains serrées, ni de bises au sein de Genitech, mais des bonjours accordés à plus d’un mètre de distance pour éviter la contamination par projection de salive.

Le télétravail dans cette entreprise d’informatique semblait être un ajout évident au « pare-feu » à l’encontre du virus. « Nous avons la chance de travailler sur le web, il y a un maximum d’information à notre portée. Nous pouvons aussi faire travailler nos employés à domicile en déplaçant les PC. Comme toujours le télétravail pose des problèmes de confidentialité, nous avons pour cela installé un système sécurisé de partage des données », affirme le PDG.

Pour le personnel restant en entreprise, une procédure en trois phases est de rigueur. Première phase : prévention, formation à l’hygiène rigoureuse et précautions communes avec les clients. Seconde phase : investissement logistique (déplacement de matériels, distribution de masque). Et enfin dernière phase (plutôt critique car elle implique que la contamination est proche ou présente) : chaque employé dispose alors de sa propre procédure selon son niveau de mobilité (employé fixe ou commercial itinérant).

Il a fallu également expliquer l’utilisation des masques. Cette dernière est assez complexe puisqu’elle est différente selon les cas. « Le masque chirurgical est destiné aux contaminés et les FFP2 sont pour la protection des personnes saines. Il ne doit pas être retiré sinon cela équivaut à ne pas l’avoir mis du tout, et il n’est plus efficace s’il est humide. Il faut également avoir les mains propre en le mettant afin de ne pas contaminer l’intérieur », explique le docteur Bernard Régnier, de la société Savante. Reste que cette mise en œuvre a un coût pour les entreprises. Génitech composée de 130 salariés, débourse en moyenne 5.000 euros en achat de masques, gants, papier (remplaçant les serviettes), etc.

Mais toutes les entreprises n’ont pas le même budget. Les petites PME composées par exemple d’une quinzaine salariés travaillant huit heures par jours, doivent débourser un euro par masque utilisable quatre heures (et plus si risque d’humidité). En attendant, la panique n’est pas encore au goût du jour puisqu’on annonce en France, un taux de mortalité égal à une grippe saisonnière. Malgré l’annonce de l’ensemble de ces précautions, cela n’a pas empêché chefs d’entreprises et médecins de se serrer la main à l’issu de la conférence. Culture latine oblige, peut-être…


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