Le rachat de Yahoo par Microsoft nuirait à internet, selon Google

Régulations

Le géant de Mountain View se dit préoccupé…

Alors qu’une première rencontre entre Yahoo et Microsoft à propos d’une éventuelle fusion aurait eu lieu la semaine dernière, Google, cible désignée de ce rachat, a une nouvelle fois souligné ses préoccupations quant à cette OPA.

“Une acquisition de Yahoo par Microsoft nous préoccupe”, s’inquiète le directeur général de Google Eric Schmidt. “Nous espérons que tout mouvement en ce sens respectera le caractère ouvert d’internet, mais j’en doute”, a-t-il ajouté en faisant allusion à l’histoire de Microsoft et aux “choses qu’il a faites dans le passé et qui ont été si dures pour tout le monde”. “Nous sommes préoccupés par des mesures que pourrait prendre Microsoft et qui pourraient être négatives pour internet”, a renchéri Schmidt.

Google épingle ainsi les pratiques jugées anti-concurrentielles de l’éditeur sur la marché des systèmes d’exploitation, des pratiques maintes fois condamnées par la Commission européene. Google s’inquiète en fait du risque de monopole dans le domaine de la messagerie instantanée, du webmail (Yahoo Mail et LiveMail rassembleraient une bonne partie des abonnés à ce service) et des portails web.

Mais curieusement, Google n’évoque pas les conséquences sur le marché de la pub en ligne suite au rachat de DoubleClick… Une situation que n’a pas manqué de souligner Microsoft. “Aujourd’hui, Google domine le marché de la recherche et de la publicité sur le Web. Google a amassé environ 75% des revenus liés à la recherche en ligne dans le monde et sa part de marché continue de croître”.

En février, Google dénonçait déjà les “dangers” de cet éventuel rapprochement. “Microsoft va-t-il exercer la même influence à la fois inappropriée et illégale sur l’Internet comme il l’a fait avec le PC ?”

Les inquiétudes de Google resteront sans doutes au niveau du symbole. Car il semble assez clair que Microsoft parviendra à mettre la main sur Yahoo pour plus de 44 milliards de dollars. Les analystes estiment en effet que les jeux sont faits, après que les rumeurs d’alternatives à l’offre de Microsoft (NewsCorp. et Time Warner)aient été démenties. Qui a en effet les épaules assez solides pour contrer le géant de Redmond ?

Les autorités de la concurrence auront certes leur mot à dire. Mais comment empêcher cette fusion après avoir autoriser celle de Google avec DoubleClick ?


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