Le registar Gandi est à vendre. Complexe de la fortune ?

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Le gestionnaire français de noms de domaine cherche un repreneur. Certains de ses fondateurs rejettent la nouvelle stratégie de ce “registar”

Gandi fait partie de l’histoire de l’Internet français. Ce gestionnaire de noms de domaine est présent sur le toile depuis 1999. Il s’est longtemps illustré avec des prix cassés ; il se taille la part du lion sur le marché français. Mais aujourd’hui, le registar est à vendre pour environ 13 millions d’euros.

Une brouille entre les fondateurs de l’entreprise basée à Paris serait à l’origine de cette cession. Deux d’entre eux estiment que les profits réalisés par la société sont “illégitimes”, pour que l’entreprise poursuive sur les bases existantes. Car au départ, Gandi se voulait une entreprise citoyenne, alternative et libertaire, refusant la culture du profit. Mais le succès arrivant, Gandi a très vite dégagé de substantiels revenus. Un succès qui laisse un goût amer à deux fondateurs de la société. Paradoxe rare pour être signalé: ces fondateurs ont des scrupules à gagner autant d’argent!! Dans le journal le Monde, Laurent Chemla, un des fondateurs avait déclaré : “Je suis un voleur. Je vends des noms de domaine. Je gagne beaucoup d’argent en vendant à un public qui n’y comprend rien un simple acte informatique qui consiste à ajouter une ligne dans une base de données”. Et de poursuivre: “Mais doit-on, au prétexte que le marché semble mieux adapté que l’Etat lorsqu’il s’agit de vendre du vent, laisser ce vent au seul marché, sans la moindre contrepartie et alors même que la source de ce vent est unique et limitée ?” “Doit-on remercier GANDI de faire baisser des tarifs honteusement élevés, et encenser ses créateurs d’avoir montré que quelques volontaires pouvaient réagir utilement contre le tout-puissant marché en utilisant les armes de ce même marché, ou bien doit-on les considérer comme de simples commerçants qui se croient (quelle horreur) investis d’une mission politique ?” La mésentente semble profonde. Pour autant, le prix de vente est jugé élevé. Selon les observateurs, peu d’entreprises se porteront candidates. Sont évoqués les noms d’OVH ou de Lycos, mais rien n’est confirmé. A noter qu’une pétition contre la vente de Gandi est aujourd’hui en ligne sur Neocraft: http://www.neokraft.net/petition-gandi.php On y dénombre déjà 500 signatures.


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