Le site des archives de l’INA tombe: victime du succès…

Régulations

Saturé, explosé… Le site de l’INA permettant de consulter les archives n’a pas résisté à l’afflux des consultations. Car plus besoin de subir l’émission “les Enfants de la Télé” pour (re)voir les programmes du passé…

L’Institut National de l’Audiovisuel, la mémoire de la télévision, fait enfin sa révolution Internet. Depuis ce jeudi 28 avril, le grand public peut consulter gratuitement sur le site www.ina.fr des tonnes et des tonnes d’archives télévisuelles. De quoi mettre au rencard les émissions actuelles qui surfent sur la nostalgie des années passées à coup d’archives surannées.

L’INA a une mémoire d’éléphant. Pratiquement tout ce qui a été diffusé par les chaînes françaises y est soigneusement stocké. Jusqu’à aujourd’hui, seuls les professionnels et les chercheurs avaient accès à ce patrimoine. Aujourd’hui, les internautes peuvent donc aller revoir les émissions des années 60, 70 et 80, qu’il s’agisse d’information (tous les JT depuis 1977), d’émissions de variétés (ah, les shows des Carpentier et Sacha Distel!), de dessins animés, de documentaires, de fictions (vous ne résisterez pas au charme de Jacquou Le Croquant !), de sport… Bref, une manne considérable pour les curieux, les chercheurs, les fans… 100.000 programmes soit 10.000 heures sont d’ores et déjà disponibles. Et 5.000 nouvelles heures seront intégrées chaque année, au fur et à mesure de la numérisation des archives. Entamée en 2000-2001, la numération s’appuie sur un budget de 180 millions d’euros sur quinze ans. Pour le site, 700.000 euros ont été nécessaires la première année. L’Institut a eu la bonne idée de ne pas facturer ces contenus qui seront à 80% gratuits. Le reste sera payant (de 1 à 12 euros) car des droits d’auteurs doivent être reversés, explique l’INA. Tous les fichiers sont protégés par des DRM. Victime de son succès, le site ina.fr est actuellement difficilement accessible. De quoi valider la forte attente des Français pour ce nouveau type de vidéothèque, témoin de notre histoire télévisuelle commune. Il faut dire que 3 millions de connexions ont été réalisées en fin de matinée, a indiqué à l’AFP une responsable technique de l’INA. Du coup, les serveurs saturent. “Nous avions dimensionné le site pour une montée en charge progressive; nous pensions atteindre ces chiffres-là dans six mois”, a-t-elle souligné. L’INA est en train de mettre en place des solutions techniques pour pouvoir répondre à la demande. “Je pense que, dès lundi, ça devrait aller mieux”, a prévu cette responsable. Un méga-site de stockage… en Mpeg 1 et 2

L’INA fait figure, pour les professionnels du stockage, d’un véritable “labo” dans le domaine. Ses millions d’heures d’enregistrement représentent des milliers de peta-octets de données… Pour les programmes sauvegardés, l’INA a choisi le format de compression MPEG 1 à 1 mégabit/seconde. Pour les extraits, en meilleure résolution (qualité ‘broadcast‘), il a choisi le MPEG 2 à 8 mégabits/seconde. Depuis 2001, un vaste programme de numérisation a été commencé, nécessitant une dotation budgétaire annuelle de près de 6 millions d’euros. Techniquement, l’INA a principalement utilisé Optibase, une carte d’acquisition digitale hardware d’origine israélienne. Une demi-douzaine de robots SlexiCard ont notamment été utilisés.


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