Léo Apotheker chez HP: 1er bonus de 6 M$ et enveloppe de 52 M$. Réactions…

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Tandis qu’ici les analystes planchent sur la nomination surprise de Léo Apotheker (ex SAP) à la tête de HP (Hewlett Packard), tout Wall Street parle de son « cachet’. Et Larry Ellison, Oracle, reste « sans voix »

L’arrivée de Léo Apotheker comme CEO de HP continue de susciter des commentaires. Globalement positifs. Les analystes, surtout de ce côté-ci de l’Atlantique, considèrent que, malgré son âge (57 ans), l’ancien p-dg de SAP va apporter du sang neuf (cf. analyses: ‘Léo Apotheker va ouvrir vers autre chose‘  et ‘ HP, un souffle nouveau‘  . Viré de façon un peu cavalière [ne lui aurait-on pas mis sur le dos la mauvaise ambiance interne découlant des pressions dues à la crise 2008-2009? ]. Sa nomination à la tête du géant mondial de l’informatique (numéro un ou numéro 2 ?)  est plutôt bien accueillie.

Mais déjà des chiffres circulent du côté de Wall Street – qui ne manqueront pas d’être repérés, auscultés, enregistrés par les formations syndicales.
Quand certains analystes s’interrogent sur ses motivations, compte-tenu de son âge, et ses lignes stratégiques probables (orientation vers les plates-formes applicatives: cf. analyses de Duquesne Group et de PAC), d’autres disent connaître les (excellentes) conditions financières du contrat du nouveau CEO, qualifié par le Wall Street Journal de « European lover of French wines » (!) – qui relève également qu’il n’a jamais vêcu aux Etats-Unis (!) et qu’il a peu d’expérience de la ‘Bay Area’ tech scene [entendons la « Silicon Valley, San Francisco]…

Et de déballer ensuite son salaire, son bonus annuel, ses stock-options! – un « package » généreux supérieur à celui de son prédecesseur, Mark Hurd. » Le Wall Street Journal pose aussi la question suivante, il est vrai: « Apotheker peut-il continuer le but suivi par Mark Hurd visant à faire de HP un fournisseur ‘one-stop’ [guichet unique]? »

Leo Apotheker, ex p-dg de SAP, CEO de HP corp
Leo Apotheker, ex p-dg de SAP, CEO de HP corp

Le package de compensation de Léo Apotheker serait de 51,8 millions de dollars, fondé sur la valeur actuelle de l’action HP à 40,07 dollars (au 1er oct. 2010) – croit savoir le cabinet de consultants James F. Reda Associates LLC. Le portefeuille de Mark Hurd était de 32 M$, selon ce même cabinet.
Le salaire de base de Leo Apotheker serait de 1,2 M$, avec un possible bonus de 6 M$ pour la 1ère année. Là, ce serait moins que Mark Hurd, à qui l’on attribuait un salaire de 1,4 M$ et un bonus annuel de 8,4 millions.
En revanche, le bonus d’accueil (signing bonus) d’Apotheker serait de 4 M$, soit le double de celui de Mark Hurd…
Les conditions financières du « package » combineraient à la fois des actions restreintes [restricted shares) et des stock-options restreintes [restricted stock units] liées à la performance.

Discussion sur le profil
Selon ce qui se dit à Wall Street, le conseil d’administration aurait débattu sur le profil du recruté, hésitant entre quelqu’un présentant de solides capacités pour le développement de produits, ou un compétiteur orienté « commercial » capable de réussir contre Oracle.

Léo Apotheker aurait, aux yeux de HP, les deux profils. Erwin Gunst, ex-COO de SAP (parti quelque temps après Apotheker) ainsi qu’un autre ex-collègue de SAP ont louangé le nouveau CEO pour « sa capacité à comprendre les « business » des clients – « brillant sur les ventes et très ‘compétitif’ pour gagner les ‘deals’. »  Ils lui reconnaissent aussi « sa capacité à faire ce qu’il pense être bien, même si c’est impopulaire« .

Apotheker aux analystes: Oracle a aussi sa propre stratégie
Dans un entretien avec les analystes, Léo Apotheker a refusé de parler de la rivalité naissante avec Oracle. Il a botté en touche en évoquant « le large portefeuille et les technologies » de HP. « C’est là où nous allons nous concentrer et je suis sûr qu’Oracle se concentrera aussi sur sa propre stratégie« .

Larry Ellison, Oracle, « sans voix »…
Force est de constater, non sans étonnement, que Larry Ellison (le fondateur d’Oracle) ne s’est pas exprimé. Il aurait seulement envoyé un mot au Wall Street Journal : « Cette nomination me laisse sans voix [« speechless »]. Les salariés, clients, partenaires et actionnaires suffiront« . Insolite commentaire de bienvenue.

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