Les antennes «intelligentes» au service de l’économie d’énergie

Réseaux

Des antennes qui ciblent le signal des utilisateurs, des modems qui s’éteignent quand il ne sont pas utilisés, une gestion plus fine du réseau ou de nouveaux composants électroniques figurent parmi des axes de développement du GreenTouch Consortium pour réduire la consommation des réseaux télécoms.

Un an après la création du GreenTouch Consoritum, Alcatel-Lucent a fait le point, mardi 1er février à Londres, sur son initiative. Rappelons que celle-ci vise à réduire par 1000 la consommation énergétique des réseaux de télécommunication au cours des 5 prochaines années. Une initiative ouverte aux partenaires et concurrents puisqu’elle concerne toute l’industrie des télécoms.

De ce côté, la sauce a pris. Pas moins de 35 industriels ont rejoint le consortium dont le dynamique et néanmoins concurrent chinois Huawei. Lequel est directement entré au comité exécutif, rapporte Les Echos (02/02). A quand Nokia Siemens, Ericsson et autre ZTE? Les autres acteurs du consortium sont des opérateurs (France Télécom, China Mobile, AT&T services, Portugal Telecom…), des fabricants de puces (Freescale) et des centres universitaires et de recherche (Bell Labs évidemment mais aussi le CEA-LETI, l’INRIA, etc.) principalement.

25 programmes de recherche initiés

Côté avancées technologiques permettant de réduire les besoins énergétiques, pas moins de 25 programmes de recherche ont été initiés. A commencer par un projet d’antenne radio de nouvelle génération qui sera capable de canaliser le signal sur le terminal de l’utilisateur. L’énergie nécessaire au fonctionnement de ce nouveau type d’antenne, dite « intelligente » ou encore « Massive MIMO», se limite à 3 % des besoins habituels.

Dans les faits, le concept s’appuie sur la technologie MIMO (Multiple-Input Multiple-Output) qui améliore les performances des communications en wifi en multipliant le nombre d’antennes. Mais le projet du GreenTouch veut mettre à profit la multiplication des antennes pour cibler le signal sur les besoins réels. En évitant d’inonder d’ondes l’environnement de l’utilisateur et en étant capable de le suivre dans ses mouvements permettrait de réduire drastiquement la consommation énergétique comparé aux antennes actuelles. Une économie énorme pour une technologie prometteuse qui, au final, devrait réduire de 30 % la consommation des réseaux mobiles.

Des modems virtuels

Autre piste de recherche, la chasse au gaspillage. Notamment lorsque les appareils consomment de l’énergie alors qu’ils sont inactifs. « Les routeurs résidentiels consomment 10 à 20 W, rapporte Rod Tucker de l’Université de Melbourne à notre confrère EweekEurope.co.uk. Nous pouvons réduire cela en mettant en veille le modem quand il n’est pas utilisé. » Par ailleurs, l’idée de « modems virtuels » à travers des fonctions réseau qui pourraient être supportées par les échanges avec le téléphone où l’énergie est utilisée de manière plus efficace.

Autre axe de recherche, la séparation du système de signal de celui du transport de données sur les réseaux cellulaires. Lorsqu’aucune donnée n’est consommée (généralement lors de l’usage purement téléphonique du terminal), l’idée est « d’éteindre » le réseau de données, réduisant d’autant la consommation globale. Enfin, les optimisations sont également possibles du côté même des composants électroniques, notamment en concevant une carte monopuce combinant technologies électroniques et photoniques qui réduira ainsi le nombre de circuits électroniques et, donc, leur consommation.

Les axes de recherche et développement clairement définis aujourd’hui, le consortium GreenTouch aura de quoi largement remplir ces quatre prochaine années pour atteindre son objectif.


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