Les Chinois préfèrent Android à Nokia

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Il n’y a pas qu’en Europe que Nokia perd pieds. En Chine aussi où Android et l’iPhone seraient désormais les plates-formes privilégiés des consommateurs locaux.

L’avenir de Nokia risque de s’assombrir un peu plus dans les mois qui viennent. Selon un porte-parole de l’opérateur local Telling Télécom, la plupart des distributeurs chinois commencent à privilégier les smartphones basés sur Android, rapporte le site Invertors.com depuis Pékin. Exit l’offre Symbian de Nokia qui, de toute façon, est appelée à disparaître à la fin de l’année au profit de Windows Phone, du moins sur la catégorie smartphones.

Mais en attendant, Nokia n’a aucune alternative «smartphone» crédible à proposer au risque de nuire à son image et laisser la concurrence gagner du terrain. Et les stocks des terminaux norvégiens s’entassent dans les entrepôts des distributeurs. La presse asiatique rapporte notamment que des revendeurs franchisés commencent à vendre des produits concurrents, y compris des marques locales, dans leurs officines aux côtés des téléphones Nokia.

Plus grave, les principaux opérateurs, qui ont l’habitude de passer commande pour des dizaines de millions de dollars auprès de Nokia, pourraient ralentir leurs dépenses. Telling Telecom, notamment, a avoué en juillet dernier qu’il risquait de subir des pertes (de l’ordre de 60 millions de yuan, soit 6,5 millions d’euros), notamment à cause des stocks importants. Or, Nokia constitue 50 % de ses ventes et plus de 30 % de son chiffre d’affaires. Bref, l’époque où Nokia vendait pour 1,76 milliards de dollars de téléphone au distributeur China PTAC Communication Service en avril 2009 semble résolue dans l’immédiat. Place à Android et à l’iPhone pour lequel (notamment) Apple multiplie les inaugurations des Apple Store (et la fermeture des enseignes contrefaites) dans l’Empire du Milieu.

La crise n’est d’ailleurs pas nouvelle. Nokia perd du terrain sur le marché chinois depuis deux ans. En avril 2011, ses ventes locales tombaient à 29 % du marché contre 33 % un an plus tôt. Une baisse qui a, selon toute vraisemblance, provoqué la chute de Liang Yumei, vice-président principal responsable de la Chine, de la Corée du Sud et du Japon. Celui-ci a quitté l’entreprise le 1er juin dernier.

En juillet dernier, lors de la présentation de ses résultats du 2e trimestre 2011, Nokia reconnaissait avoir perdu du terrain partout sur la planète, sauf en Amérique latine. Et ses ventes mondiales tombaient à 97 millions contre 111 un an plus tôt pour occuper moins de 23 % du marché contre plus de 30 % en 2010. Une tendance que l’arrivée de terminaux Nokia sous Windows Phone devrait inverser, selon la stratégie de l’entreprise. C’est certain que ce n’est pas en critiquant l’accord Google-Motorola que Stephen Elop, le PDG de Nokia, va redresser la situation de l’entreprise…


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