Les collectivités locales assurent l’accès public à Internet

Régulations

Le forum des droits sur l’Internet prône le service public de l’accès public à Internet. Les collectivités locales, principaux investisseurs, sont en première ligne

Pour un service public de l’accès public à l’Internet ? Ce 22 janvier, le forum des droits sur l’internet publie sa recommandation sur l’accès public à l’Internet, conclusion d’une réflexion qui dure depuis le 14 mars 2006.

Les résultats devraient fortement intéresser les collectivités locales. En effet, ces dernières sont les principales « porteuses » et partenaires des 3.600 lieux d’accès public qui existent aujourd’hui en France, d’après le Forum. Et elles sont également leurs principales sources de financement : près de la moitié de ces lieux fonctionnent grâce aux dotations des collectivités à hauteur de 75 à 100%, rapporte l’étude.

Avec les lieux publics d’accès à internet, « les pouvoirs publics ont dans leurs mains un moyen très efficace et opérationnel pour lutter contre la fracture numérique » affirme Isabelle Falque Pierrotin, présidente du forum. Aujourd’hui, plus de 23,4 millions de personnes ne bénéficient pas d’une connexion internet à leur domicile en France.

Or, les accès publics à internet proposent une utilisation libre, ou encadrée, de technologies informatiques, permettant à un public très varié, demandeurs d’emplois, jeunes ou administrés de s’approprier les Tic. Et, ce, notamment grâce à l’accompagnement des animateurs de ces espaces.

Les pouvoirs publics devraient donc mettre des moyens financiers et humains pour consolider cet outil de lutte contre la fracture numérique, estime le Forum. Pour ce, il faudrait pérenniser les emplois dans ces espaces et les définir de manière plus homogène, par exemple en élaborant un référentiel unique métier « animateur lieu public d’accès public à internet », préconise le groupe de travail.

Bric à tic

En effet, ces lieux se sont développés en ordre dispersé, et présentent maintenant des configurations plutôt hétéroclites, constate le Forum. Leurs statuts et leurs modes de fonctionnement varient, notamment en fonction du réseau auquel ils appartiennent. Il en existe en effet plusieurs, des Cyberbases, développées à l’aide de la Caisse des dépôts, aux Espaces culture multimédia, labellisées par le ministère de la culture, en passant par les initiatives de collectivités locales ou d’associations.

Bref, pour consolider leur assise, le Forum propose une clarification des règles de leur gestion, de leur animation et de la sécurisation, en particulier juridique, de leur fonctionnement.

Mais également, au niveau local, le Forum recommande de développer des collaborations avec divers services publics locaux. En effet, des demandeurs d’emploi, par exemple, peuvent demander un accompagnement qui dépassera le cadre des compétences de l’animateur de la cyber-base. Et d’autres organismes sont concernés, comme la direction des services fiscaux, les Caisses d’allocations Familiales, les antennes locales de l’ANPE, ou encore des ASSEDIC. Les maires de demain savent ce qui leur reste à faire.


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