Les dérives de l’outsourcing ‘off-shore’ aux USA

Régulations

Aux Etats-Unis, un emploi sur dix dans les technologies de l’information devrait être délocalisé avant la fin 2004

L’outsourcing dans les technologies de l’information n’est qu’une part congrue des pratiques américaines de délocalisation, un marché colossal estimé à 5.000 milliards de dollars. Pourtant, c’est lui qui enregistre depuis deux ans la plus forte progression: 15% sur l’année.

Selon un rapport du Gartner Group, un emploi sur dix dans les technologies de l’information devrait être délocalisé avant la fin de 2004. Plus de 80% des directions d’entreprises étudient la démarche et 40% d’entre elles auront à cette date soit déjà engagé un programme d’outsourcing, soit fait appel à des ressources extérieures de services. Ralentissement à la veille des élections Selon les experts américains, le phénomène ne devrait pourtant pas atteindre l’ampleur annoncée, et devrait se ralentir durant les 12 à 18 prochains mois. Non pas du fait du retour de la reprise économique, mais par un effet direct de la campagne des prochaines présidentielles qui s’annonce particulièrement virulente sur ce point. Aux USA, les zones à fort pouvoir d’achat sont déjà touchées, la Silicon Valley, Los Angeles, New York ou Chicago, la côte Ouest ou l’Illinois. A New York par exemple, le taux de chômage dans les technologies de l’information est devenu supérieur à la moyenne nationale! Les zones qui profitent du phénomène ne sont pas uniquement l’Asie -on pense en particulier à la Chine ou à l’Inde- mais plutôt des régions bien actives dans ce secteur: la Russie, les pays de l’Est, Israël, l’Afrique du Sud ou le Ghana… Après les technos, la finance Prochain secteur qui pourrait être touché par le phénomène: la finance. Dans ces activités stratégiques, 500.000 emplois pourraient disparaître du territoire américain dans les cinq années à venir. Les fondamentaux de l’économie américaine en sont transformés, par le passage d’économies régionales à une économie unique globale mondiale -une démarche que le monde du travail a du mal à intégrer. Le danger est grand? De plus en plus de voix s’élèvent contre ce phénomène. Les économistes tirent les sonnettes d’alarme: ils s’inquiètent moins de la problématique des coûts que des transferts de technologies, car la qualification des salariés actuellement à bas prix dans les pays qui accueillent ‘l’outsourcing,’ engendre inévitablement un relèvement progressif de la masse salariale. Et certains d’entre eux s’inquiètent du fort risque d’appauvrissement technologique, scientifique et intellectuel des entreprises et universités américaines. L’outsourcing pourrait-il être le déclencheur du déclin technologique des Etats-Unis ?


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