Les fabricants européens de puces tirent la sonnette d’alarme

Régulations

Dans le secteur très juteux des semi-conducteurs l’Europe a toujours réalisé une part de marché mondial de 20%. Mais aujourd’hui, la “European Semiconductor Industry Association” (ESIA) s’inquiète de l’avenir du secteur

Le débat est ouvert. Face à la montée en puissance des pays asiatiques et à la panne de la recherche et du développement en matière de puces en Europe, les fabricants s’inquiètent et prennent l’avertissement très au sérieux. Pour cette raison, ils ont, par l’intermédiaire de l’ESIA décidé d’alerter les autorités européennes.

Rappelons que selon une étude de StMicroelectronics, d’ici à 2010 la part de marché des européens dans les semi-conducteurs va se réduire comme peau de chagrin pour passer de 20% à 17%. D’après le quotidien “Les Échos”, les industriels du secteur ont remis un inquiétant rapport au commissaire européen chargé de l’Industrie et des entreprises, Günter Verheugen. Selon ledit rapport, cette industrie est une forte consommatrice de compétences et de capitaux et par conséquent un vecteur de croissance non négligeable. Enfin, et c’est peut-être le point le plus important du rapport “la recherche et le développement sont en perte de vitesse.” Pourtant, les programmes ne manquent pas, mais ils sont jugés insuffisants selon les représentants des fabricants de semi-conducteurs qui ne jettent pas l’opprobre sur les programmes comme Medea qui a tout de même permis, comme le souligne le quotidien économique, le lancement, au cours des douze derniers mois de “70 programmes de recherche dont 34 ont déjà été menés à terme.” La solution préconisée par les auteurs du rapport est d’augmenter la part du PNB européen consacrée à la R&D de 2 % à 3 %. Enfin, le rapport conseille à Bruxelles d’aider les industriels désireux de s’installer en Europe et d’y développer leurs unités de production, avec des subventions et des incitations fiscales plus franches. Enfin, le rapport met en exergue un constat pour le moins inquiétant selon lequel l’étude des mesures incitatives dans huit pays est un des éléments clés de la compétitivité de cette industrie. Et le texte, en guise de conclusion, présente un chiffre qui donne bien l’ampleur de la menace. Le revenu net cumulé d’une usine en Chine est de 220% plus élevé que celui d’un centre de production en Allemagne.


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