Les frictions entre la France et la Turquie touchent aussi la Toile

Sécurité

Le site web de la députée UMP Valérie Boyer, à l’origine de la proposition de loi chargée de réprimer la contestation de l’existence des génocides, a été piraté par un groupe de hackers turques.

La polémique entre la France et la Turquie enfle suite au projet de loi visant à punir la contestation des génocides. Des militants pro-Turquie ont ainsi mis à sac le site Internet de Valérie Boyer, qui a été mis hors ligne dans la foulée.

Dimanche, l’adresse www.valerie-boyer.fr ne proposait qu’un écran noir affichant le drapeau de la Turquie et un message vindicatif en turc et en anglais visant le gouvernement français et la communauté arménienne de France, expliquent nos confrères d’ITespresso.fr. « Vous, la diaspora arménienne, êtes de tels lâches que vous n’avez pas le cran d’ouvrir les archives arméniennes et de faire face à la vérité », pouvait-on lire.

Une personnalité au cœur de la tempête

En qualité de vice-présidente du groupe d’amitié France-Arménie, la députée UMP (Bouches-du-Rhône) est à l’origine d’une proposition de loi destinée à réprimer la contestation de l’existence des génocides reconnus par la loi. Dont celui des Arméniens en 1915 (qui, selon les Arméniens, avait fait plus de 1,5 million de morts dans l’Empire ottoman).

Elle a été adoptée par l’Assemblée nationale jeudi 22 décembre. Mais elle a provoqué une polémique en Turquie et généré des tensions diplomatiques avec ce pays (gel de sa coopération militaire avec la France, rappel de l’ambassadeur turc à Paris).

Valérie Boyer assure qu’elle a également reçu des « menaces de mort, de viol, de destruction, ainsi que des injures et des insultes ». Elle veut porter plainte.

Un groupe turc à l’origine de l’attaque

Concernant le hacking du site de la députée, il serait revendiqué par le groupe de pirates turcs GrayHatz. Il serait proche de celui baptisé « Akincilar », à l’origine de l’attaque contre le site Internet de Charlie Hebdo en novembre en guise de représailles après la publication de dessins satiriques anticharia (loi islamique).

Plus inquiétant, les sites Internet de l’Assemblée nationale et du Sénat étaient difficilement accessibles, voire indisponibles, lundi matin. Il est possible qu’il existe un lien avec la polémique liée à la proposition de loi de Valérie Boyer.

Crédit photo : © Mikhail Markovskiy – Fotolia.com


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