Les menaces cachées de la musique en ligne?

Sécurité

Mauvaise surprise pour l’internaute qui télécharge de la musique en ligne : derrière le fichier se cachent des pop-ups de pub, des ‘adwares’, des barres d’outils détournées, des modifications sur les navigateurs, à l’insu de l’utilisateur

Télécharger illégalement de la musique ou de la vidéo en ligne présente des dangers de plus en plus nombreux, car derrière ces fichiers se cachent des menaces pour les ordinateurs connectés.

En effet, de plus en plus de fichiers proposés en téléchargement sur les réseaux en peer-to-peer comme Kazaa permettent de télécharger une page Web qui lance l’ouverture de fenêtres dans Internet Explorer qui sont en réalité des pop-ups publicitaires. Plus dangereux, le lancement d’un titre ou un extrait vidéo téléchargé peut installer des adwares, des logiciels intrusifs qui espionnent les internautes et transfèrent illégalement des informations à leur insu ! Ils peuvent aussi bien installer des barres d’outils qui renvoient vers des contenus pour adultes ou remplacer la page de démarrage du navigateur. Les auteurs de ces pratiques sont généralement des sociétés connues, qui présentent leurs méthodes comme punitives, étant dérivées des pratiques des internautes. Et ce serait un obstacle au téléchargement illégal, puisqu’au final l’internaute ne télécharge pas de musique illicite et se voit puni de ses pratiques. Là où ces pratiques deviennent franchement troublantes, c’est l’identité des annonceurs qui s’affichent dans ces pop-ups intempestives. Ainsi un message de Microsoft, l’un des chantres de la lutte contre toutes les formes de dérives, figure parmi ces publicités dites punitives. Certes, le circuit de distribution de ces pubs intrusives passe par des chemins détournés, comme les systèmes d’échanges de bandeaux publicitaires ou les sites d’affiliation ou régies, mais découvrir des publicités pour Windows Media et son système DRM de protection des droits s’afficher à la suite d’un téléchargement illégal, ça surprend ! Mais la surprise va plus loin? Windows Media DRM (Digital right management) permet par exemple de créer des ersatz de fichiers média, comme par exemple un fichier de musique qui pourra être lu plusieurs fois puis demandera à acquérir le titre sur un site de vente en ligne. Seulement, ils peuvent ainsi disposer de liens vers des ‘adwares’. Ainsi le téléchargement légal d’un fichier Windows Media protégé, donc avec sa licence, peut cacher un logiciel espion et être accompagné de publicités intrusives ! Sans que l’internaute n’en soit informé. Et la modification des codes des fichiers semble être à la portée des développeurs? L’inquiétude est grande car ces pratiques pourraient se multiplier ! Mais surtout, elles se répandent en passant de l’illégal – le téléchargement en ligne de titres sans s’acquitter des droits associés ? au légal, avec la possibilité offerte par les éditeurs de glisser des lignes de codes dans des fichiers légalement téléchargeables. La position des éditeurs? Ils restent tiraillés entre le déploiement de modèles économiques rentables, même si leur pratique se révèle intrusive, voire à la limite de la légalité, et la défense des intérêts de leurs clients, qui viennent trop souvent heurter leurs propres intérêts et ceux de l’industrie. C’est là toute l’ambiguïté des médias, qui luttent contre les pratiques illégales mais savent aussi en tirer parti!


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