Les prix français de l'Internet mobile trop chers en Europe

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Jusqu’à 9 euros le mégaoctet de données en Europe contre 1 euro facturé entre opérateurs (prix de gros). Certains opérateurs se goinfrent selon l’UFC-Que choisir.

L’Internet mobile depuis un pays européen est-il surfacturé par les opérateurs français? Assurément, selon l’UFC-Que choisir. L’association de défense des consommateurs français constate que Orange et SFR facturent respectivement 9 et 7 euros le mégaoctet de données Internet à leur clients (hors pack spécifiques) alors que ça ne leur coûte que 1 euro (hors taxe) maximum. Pour sa part, Bouygues Télécom déclare avoir migrer, «depuis plusieurs mois», ses clients grand public sur ses nouveaux tarifs (soit 1 euro hors taxe le mégaoctet). Ceux-ci ne seront précisé que dans le prochain guide des tarifs prévu pour novembre prochain.

La consultation de pages web ou de ses e-mails depuis un smartphone à l’étranger peut donc vite devenir une source de lourdes dépenses. « Pour avoir une idée du caractère excessif des prix pratiqués, il faut avoir à l’esprit que transférer une photo de qualité moyenne nécessite plus de 1 Mo », rappelle l’UFC-Que Choisir. Le compteur peut donc vite tourner si l’on n’est pas regardant sur sa consommation de données.

Une facturation d’autant plus exagérée que les tarifs de gros des opérateurs mobiles ont été définis dans le cadre de la nouvelle directive Paquet Télécom. Outre les communications téléphoniques et les SMS, les tarifs des échanges de données ne doit pas dépasser 1 euro hors taxe le mégaoctet.

Un prix de gros que les opérateurs devaient répercuter sur la facture du client. Visiblement, certains opérateurs ont dû oublier…. C’est l’association de consommateurs espagnole FACUA qui a tiré la sonnette d’alarme. Le 11 août, celle-ci a écrit à Viviane Reding, commissaire européenne en charge des télécoms, pour lui demander de faire appliquer l’encadrement des tarifs sur les facturations des échanges de données. La FACUA a notamment constaté que les consommateurs espagnols payaient jusqu’à 11,60 euros le mégaoctet.

« Ces prix sont d’autant plus choquants que certains opérateurs étrangers pratiquent des prix bien plus faibles, comme T-mobile en Angleterre qui facture 1,79 euro le mégabit ou ‘3’ en Italie qui pratique un tarif de 2,10 euros par Mo », signale l’UFC-Que choisir. Comme quoi, certains opérateurs profitent grassement des flous législatifs sur la tarification des prix publics des services Internet mobiles. En conséquence, l’UFC-Que choisir a décidé de s’adresser à son tour à Viviane Reding pour lui demander d’encadrer le roaming data.

(Article modifié le 2 septembre 2009.)


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