Les résultats de SFR victimes des baisses sur les tarifs mobiles

A l’occasion de la présentation des ses résultats 2010 de Vivendi, sa filiale SFR a annoncé un chiffre d’affaires en hausse de 1,2 % à 12,56 milliards d’euros. Une progression modeste freinée par les baisses de tarifs (notamment sur les terminaisons d’appels) imposées par les régulateurs, notamment européen. Sans ces contraintes, SFR affirme que la progression des résultats s’élèverait de 5,8 %.

Baisse de tarifs qui impacte notamment le résultat de l’activité mobile, laquelle, à 8,93 milliards d’euros, affiche un retrait de 0,6 % par rapport à 2009. L’opérateur justifie cette contre-performance par la baisse imposé des tarifs des SMS (en février 2010), des terminaisons d’appel (de 33 % en juillet 2010) et des services d’itinérance. Des baisses tarifaires qui impactent fortement les résultats de l’activité mobile « pure » (hors vente d’équipement), laquelle chute de 1,1 % à 8,42 milliards d’euros. Sans ces contraintes, le chiffre d’affaires s’élèverait de 4,8 % jure Vivendi.

Ce ne sont en effet pas les clients qui ont manqué. En 2010, l’opérateur a recruté près de 1,288 million de nouveaux abonnés mobiles pour un total de près de 16,1 millions (+3 %) sur un ensemble de 21,3 millions de clients (abonnés et utilisateurs sans forfait). L’attraction des smartphones (avec offre d’accès à l’Internet mobile) a joué à plein et constitue désormais 28 % de la base des consommateurs contre 15 % en 2009.

L’activité fixe (accès Internet) se porte mieux sur le papier. En frôlant les 4 milliards d’euros (3,944 précisément), le résultat est en hausse de 4,5 % par rapport à 2009. Une tendance portée par le succès des offres grand public qui voit son résultat s’élever de près de 12 %. Notamment grâce au succès de la Neufbox Evolution) qui, entre novembre 2010 et fin février 2011, a séduit 200.000 nouveaux abonnés. En 2010, SFR a recruté 443.000 nouveaux clients résidentiels. Soit un total de 4,887 millions d’abonnés fixes (+10 % sur l’année).

Suite de l’article: 2011 risque d’être plus problématiqueSi 2010 s’inscrit comme une année satisfaisante en terme de résultats, 2011 risque d’être plus problématique. Notamment sur les offres fixes ADSL. La maison mère de SFR s’attend à une baisse du résultat qui devrait rester inférieure à 10 %. Baisse notamment provoquée par la hausse de la TVA sur les offres ADSL et mobiles. Or, sur ce dernier point, SFR a fini par s’aligner sur la concurrence (et éviter la fuite des abonnés) en décidant de ne pas reporter la hausse sur les factures. Une décision qui va coûter 150 millions d’euros à l’opérateur, selon La Tribune (02/03).

De plus, avec l’arrivée de Free sur l’offre mobile (certes prévue en 2012), la concurrence risque de s’exacerber. Ce qui augmente les coûts de marketing pour chasser les nouveaux clients et de rétention pour conserver les anciens. La marge mobile est déjà tombée de 31 % en fin d’année, selon le quotidien économique, notamment du fait des subventions accordées aux onéreux smartphones (lesquels ont représentés jusqu’à 60 % des ventes brutes). Il sera par ailleurs intéressant d’analyser l’impact du succès de la Freebox Revolution (qui a visiblement rencontré des problèmes d’approvisionnement) sur le marché.

Néanmoins, ces perspectives à la baisse n’ont pas que des défauts. Elles permettront probablement à Vivendi de minimiser la valeur de SFR afin de relancer les négociations sur l’acquisition des 44 % détenus par Vodafone. Jean-Bernard Levy, P-dg de Vivendi, a réaffirmé son intention d’acquérir 100 % du capital de l’opérateur. Mais « à un prix raisonnable ».