Les territoires se mettent à l’heure Second Life

Régulations

Villes modélisées, incursion dans Second Life… Les collectivités locales
ont fait le point sur leurs expériences de « territoires augmentés », lors d’un
séminaire organisé par la Diact

«Ne répétons pas nos erreurs» a martelé Hughes Aubin, responsable des TIC de la ville de Rennes, lors d’une table ronde autour de projets d’enrichissement des territoires par les TIC. C’était le 21 juin, à Paris, au cours d’un séminaire «Politiques territoriales et nouvelles technologies : état de l’art et prospective» organisé par la Diact, délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires, avec l’université de Rennes 2 et la Fing, fondation Internet nouvelle génération.

A la confluence entre l’état de l’art et la prospective, les trois intervenants ont présenté des projets d’avant-garde qui explorent les possibilités qu’ouvrent les TIC aux territoires.

Ainsi, l’Artesi met gratuitement à la disposition des collectivités territoriales qui le souhaitent son île virtuelle, sur Second Life, pour y mener des projets : ce sera un laboratoire « Second life est un monde persistant, immersif, qui accueille des avatars. Il préfigure probablement ce que sera le web 3D», explique Loïc Haÿ, de l’Agence Régionale des Technologies de l’Information d’île de France.

«Nous l’avons choisi notamment parce qu’il offre un potentiel important d’utilisateurs, où les Français y sont très présents. Et surtout, c’est un monde co-construit par ses résidants. C’est donc une bonne façon d’aborder la problématique des territoires augmentés. Déjà, des acteurs du territoire s’emparent de ces outils », explique-t-il.

De fait, plusieurs initiatives sont prévues : Par exemple, des collectifs d’artistes vont mener des projets, des animateurs d’un réseau d’ENP vont s’y retrouver, la rencontre « Les étés TIC de Bretagne », qui se déroulera à Brest du 4 au 6 juillet prochain, y seront retransmises. Autre projet : la modélisation de l’office de tourisme de demain.

« Qui est en mesure d’animer une communauté dans un univers persistant ? » interroge Hughes Aubin « Aujourd’hui, nous manquons d’expertise sur le sujet. Il nous faut apprendre. Autrement, demain nous verrons arriver des prestataires avec des solutions clés en main, que nous serons incapables d’animer, comme cela s’est déjà passé pour les premiers sites Internet».

Nouvelles frontières

La ville de Rennes a déjà mené un projet important, pour comprendre de ce que peut apporter un territoire augmenté. « Le site Internet citevisions.rennes.fr apporte une nouvelle appréhension de l’espace », explique Hughes Aubin. On s’y déplace dans une ville modélisée en 3D, dans laquelle sont accessibles les 20 000 organismes publics. Un moteur de recherche par thème (mairie, crèche?) et par quartier, est disponible.

« Pour concevoir le site, nous avons fait appel à des testeurs, via internet. Huit mois durant, ils ont navigué, dialogué avec les développeurs, et suggérer de nombreuses améliorations ergonomiques, ainsi que des fonctionnalités auxquelles nous n’avions pas pensé ». C’est notamment les cas de la recherche d’adresses, comme une simple rue, ou, de l’accès aux horaires de bus le plus proche de l’endroit demandé et localisé. Pour accéder au site, une connexion ADSL suffit, avec le plug in shockwave.

C’est en 2004 qu’une aide de la région Bretagne et de France Télécom a permis à la ville de développer ce projet. Mais les bases étaient déjà posées.

« En 1999 », se souvient Hughes Aubin « l’exposition Rennes au futur a vu défiler 40 000 visiteurs. La projection d’ une modélisation de la ville en deux dimensions avait suscité l’enthousiasme. Ensuite, nous avons ensuite réalisé un Cdrom intégrant les organismes publics dans cette modélisation. Et dans un second temps, nous y avons ajouté des liens hypertextes ».

Autre projet, complètement différent, celui du pays basque.

«Nous nous sommes posés la question de construire un territoire numérique en 2004 », explique Manuel de Lara, de l’agence NTIC du pays basque.

« C’est ainsi que nous avons déposé la marque Pays Bas numérique à l’INPI, avec des licences d’utilisation. L’enjeu est d’accueillir des nouveaux acteurs, quels qu’ils soient, autour d’une vision partagée » poursuit Manuel de Lara. Il existe ainsi un annuaire des bonnes pratiques, ou encore une plate forme de services numériques mutualisés. « Nous sortons d’une image carte postale pour fédérer des talents »


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