L'hôpital d'Annecy vise le tout numérique, mais sans Wi-Fi

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Pour aller vers le tout numérique, l’hôpital d’Annecy avait le choix entre trois propositions : Orange-Huaweï, Spie-Aastra et NextiraOne-Alcatel-Lucent. Il a préféré la dernière, avec son concept de terminal filaire tout-en-un, patient et professionnel de santé

“Les uns ne nous ont proposé que des briques, détaille Claude Henri Tonneau, DSI du Centre hospitalier de la région d’Annecy.Mais NextiraOne nous a proposé une solution correspondant point par point ce que nous demandions. Il a même su anticiper nos besoins sur l’accompagnement au déménagement dans notre nouveau bâtiment, la nécessité d’une seconde salle informatique et l’intégration de l’imagerie au dossier patient.”

Cette solution intègre les communications voix et données de l’établissement ainsi que les services multimédia d’information et de distraction du patient dans un même IPBX, l’OmniPCX Entreprise d’Alcatel-Lucent, et dans un même réseau de câbles et de fibres de 330 km, desservant 800 postes professionnels et 620 chambres. Elle rejette par contre tout emploi du Wi-Fi, et cela pour trois raisons. “L’ingénierie du sans-fil est trop complexe,admet Claude Henri Tonneau, et nous aurait de plus obligé de prévoir des protections contre les terminaux visiteurs de type PDA ou iPhone”. Au surplus l’hôpital a également proscrit, par mesure d’hygiène, l’emploi de tout accessoire circulant de chambre en chambre.

A défaut de tablettes PC sans fil, les personnels soignants seront donc équipés de téléphones Dect. D’autant que ceux-ci, à la différence des premières, peuvent capter une grande variété de messages de service (jusqu’à 14) et permettent aux médecins de rester en contact permanent avec l’extérieur. Ils se contentent en outre de 150 bornes radio, alors que les tablettes PC sans fil de l’hôpital d’Arras ont nécessité le déploiement de quelque 800 bornes, pour un nombre équivalent de lits.

Du coup, l’hôpital d’Annecy est aussi le premier en France à intégrer les fonctionnalités du terminal du professionnel de santé dans le terminal du patient. Ce terminal tout-en-un est proposé à chaque lit à l’extrémité d’un bras articulé. C’est une tablette PC-téléphone. Son écran 17 pouces tactile et personnalisable donne au patient, pour 4,50 euros par mois, l’accès au web, au email, aux chaînes TV, à la vidéo à la demande, aux livres lus, aux infos pratiques ainsi qu’à des conseils de santé, mais pas aux données de son dossier médical.

Seul son médecin traitant pourra accéder à ces données, après insertion de son badge d’identification. Il pourra l’ouvrir devant le patient et en discuter avec lui. Il pourra également modifier directement ses prescriptions au moyen du clavier virtuel, prescriptions aussitôt communiquées au personnel soignant et à la pharmacie de l’hôpital, chargée du conditionnement individualisé des médicaments. Ce système, proposé par l’irlandais Lincor Solutions, supprime évidemment toute resaisie et garantit la traçabilité des actes de bout en bout.

Depuis le début de l’année, les dossiers patients sont créés et gérés à Annecy avec le logiciel Orbis d’Agfa Healthcare. A partir de mi-2009, ils intégreront l’imagerie, mais seulement sous la forme de liens vers les images. Outre le terminal tout-en-un, Annecy est également le premier hôpital en France à profiter d’une chaîne de conditionnement des médicaments entièrement automatisée de l’italien Sinteco. Elle les livre en sachets individuels à code à barres via un réseau pneumatique, mais ses données de service transitent par le même réseau voix-données.

Pour autant, l’hôpital n’est pas fermé à tout jamais au Wi-Fi. “Nous pourrions l’adopter dans notre maison de retraite de Seynod, où il n’est pas nécessaire en effet d’avoir des terminaux de prescription médicale au lit du patient“, complète Claude Henri Tonneau, DSI. C’est en outre un bâtiment de plein pied, sans contrainte anti-sismique, contrairement au nouvel hôpital d’Annecy.


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