L’identification biométrique survient dans les aéroports. Et après??

Sécurité
Des services passagers grâce à la géolocalisation

Les retards s’accumulent autour du projet d’identification faciale ou biométrique, systématique, des passagers des aéroports américains, et allemands (Francfort en test). Les critiques fusent: trop de technologie, pas assez de logique

Depuis le début des années 1990, les autorités américaines ont développé un système de reconnaissance faciale informatisée, le

Computer-assisted passenger pre-screening system (CAPPS), destiné à accompagner certains services aéroportuaires dans leurs enquêtes. Après les attentats du 11 septembre 2001, le programme a été étendu, avec l’objectif de “scanner” tous les passagers qui transitent par un aéroport sur le territoire des Etats-Unis, et non plus seulement d’être une base de donnée à consulter. CAPPS 2 sur les rails, mais toujours en gare Le principe est de scanner le visage des passagers afin de le comparer avec une base de données de profils. CAPPS 2 s’appuie sur une base de données centralisée au Department of Homeland Security, et se déploie sur le réseau Airline Data Interface. Pour les autorités responsables du projet, CAPPS 2 est prêt, mais encore faut-il qu’il réponde à toutes les fonctionnalités qu’il est prévu d’implémenter. Ce qui est loin d’être le cas. De plus, le système n’a pas été testé en grandeur réelle. Or, ce test est essentiel pour le valider. Par ailleurs, les compagnies aériennes ne sont pas encore prêtes, tout du moins pour celles qui acceptent de se plier à CAPPS 2, car elles sont nombreuses à traîner des pieds et à hésiter à imposer à leurs clients une contrainte qui heurte directement la vie privée. A trop privilégier la technologie, on en oublie les trucs simples Le plus surprenant, c’est que la plus grosse opposition au projet CAPPS 2 ne provient ni des politiques, ni des associations, ni des consommateurs eux-mêmes, mais des experts et responsables de la sécurité dans les aéroports ! Car, à tout miser sur la technologie, l’Amérique en oublie qu’il existe des techniques simples, basées sur des compétences individuelles et sur l’expérience, et qui ont fait leur preuve. La simple observation visuelle du comportement des individus a remporté un grand succès en Israël, par exemple, qui subit de nombreuses attaques terroristes, mais plus dans ses aéroports. Plutôt que d’investir des milliards de dollars dans un système sensible, contraignant, et au taux d’échec qui s’annonce élevé, nombre d’experts souhaitent privilégier le recrutement, la formation, et des ‘trucs’ simples dont ils gardent le secret. L’Amérique se déclare prête, mais elle souffre de son inexpérience en matière de sécurité intérieure, et surtout d’une tendance à privilégier la grosse artillerie là où le travail de fourmis s’impose car il a fait ses preuves? A Francfort, test auprès des passagers volontaires

Depuis quelques jours, l’aéroport de Francfort propose à ses passagers un système de vérification d’identité reposant sur la reconnaissance bio-métrique: celle de l’iris des yeux. Les passagers candidats doivent fixer quelques instants une caméra vidéo, qui enregistre leur “empreinte” de l’iris. Ensuite le système fait la relation avec le passeport qui comporte une codification de l’image strictement personnelle. L’argument avancé par les autorités de Francfort est de permettre d’accélérer les procédures d’embarquement. A voir, à l’usage! quelle efficacité -en particulier quel taux d’erreur ou possibilité de piéger le système?…


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