L’offensive de Microsoft dans les mobiles inquiète certains…

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Microsoft qui a dévoilé ce 23 mars, un nouvelle technique de localisation et de traçabilité ne cesse de soucier quelques acteurs majeurs de l’univers des mobiles ou des PDA

Son nom: MapPoint Location Server. Présenté par Bill Gates en personne, pour la première fois lors d’une convention de développeurs à San Francisco, ce 24 mars, il s’agit d’un serveur de localisation utilisant les réseaux de mobiles. Cette nouvelle offensive du numéro un mondial du logiciel suscite quelques interrogations. Inquiétudes feintes ou réelle préoccupation dans le cercle des télécoms?

Depuis quelque temps, il est de bon ton de s’interroger sur la capacité de Microsoft à investir le monde des téléphones portables. Comme le rappelle le Wall Street Journal, la grande majorité des 500 millions de mobiles vendus chaque année dans le monde fonctionnent sur des systèmes d’exploitation propriétaires. L’arrivée des ‘smartphones’ utilisant un dérivé de Windows est-il une menace? Parce qu’ils affichent des vidéos et disposent de fonctions d’e-mail et d’agenda? Les mobiles concurrents fonctionnant par exemple sous Symbian -devenu un consortium désormais tiré par Nokia- n’ont pourtant pas de complexes à avoir face à Microsoft. La part de marché des ‘smartphones’ est encore très marginale. Alors d’où viennent ces inquiétudes? Suffira-t-il à Microsoft de proposer des solutions d’accès direct à ses messageries Outlook pour que tout le parc des mobiles bascule dans l’univers Windows-like? Ce n’est pas réaliste -du moins pour quelques années encore. Motorola fait pencher la balance Dans le contexte du litige avec l’Union Européenne, toute initiative stratégique de la firme de Bill Gates est désormais analysée avec un filtre plus critique que jamais. A lire les commentaires sur le Web depuis trois jours, le débat est en train de revenir vers les Etats-Unis, ravivé par les concurrents de Microsoft -Real Networks en tête, et par les partisans de Linux. Les craintes récentes trouvent leur source dans les nouvelles annonces de Motorola, numéro deux mondial des terminaux mobiles, qui a “lâché” Symbian: il vient de présenter un mobile “Microsoft” très ‘design’ et il en annonce deux autres pour cette année. De même, est annoncé un concurrent du célèbre BlackBerry, chez Schaumburg (constructeur de l’Illinois) qui a choisi l’O.S. de Microsoft via l’éditeur Good Technology. Mais surtout, AT&T Wireless, tout comme Orange et Vodafone, a intégré les ‘smartphones’ dans son offre. Pas de panique pour autant: même chez Motorola, le patron de la divison “Cellphone” souligne que Microsoft “a peu de chances de dominer le marché des téléphones cellulaires comme il l’a fait avec les PC”. Le cabinet d’études Gartner partage cet avis: “Microsoft peut gagner un peu plus de crédibilité [sur ce marché] grâce à ses relations avec Motorola“, affirme un analyste. Le lobby de la C&CIA – derrière Nokia

Une association de constructeurs (la C&CIA… pour Computer & Communications Industry Association) s’est plainte auprès de Bruxelles il y a quelques mois: elle accusait Microsoft de brider son serveur de messagerie Exchange 2003 afin de favoriser les échanges avec les ‘smartphones’ au détriment des autres mobiles. Microsoft a démenti et affirmé auprès de la Commission que tous les téléphones portables pourraient communiquer à un niveau égal… Parmi les membres actifs de cette association figure Nokia.


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