Logiciels, services: les syndicats contestent l’optimisme du Syntec

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Logiciels et services: croissance de 6,5% en France, et un taux de chômage de
2,7% seulement, affirme le Syntec Informatique. Le syndicat Munci n’est pas
d’accord

Le tableau relativement rose et optimiste dressé par le Syntec Informatique, syndicat patronal, est contesté par les syndicats, en particulier le Munci.

Lors de sa conférence de presse de ce 17 octobre, Jean Mounet, président de l’organisme professionnel s’est félicité d’une “croissance solide et homogène” qui anime le secteur des logiciels et des services”.

Selon lui, ce segment de marché a bénéficié d’une croissance de 6,5% au premier trimestre 2006. “Tous les secteurs clients sont en croissance” : le conseil est en progression de +7%, l’ingénierie et le conseil en technologies +6,5%, et les ventes de logiciels + 5,5%.

L’infogérance d’infrastructure (informatique, télécoms) progresse moins vite qu’en 2005 : +5% (contre +9% précédemment), tandis que l’infogérance des applications maintient ce même rythme de progression de +9%.

Bons chiffres également s’agissant des marchés de la finance (+8%), du secteur public (+7;5%) et des télécoms (+7%).

Sur cette base, le Syntec a réédité sa perspective d’une croissance située entre 6,5 et 7,5% pour l’année 2006.

Face à cette croissance affermie, le secteur souffre d’une pénurie d’informaticiens. Le taux de turnover serait de 12à 14%.

Conscient qu’il y aurait 30.000 informaticiens inscrits comme demandeurs d’emploi à l’ANPE, le Syntec a lancé des études prospectives sur les métiers de développeurs, d’éditeurs, et du conseil.

Le syndicat ‘Munci’ n’est pas d’accord A propos des chiffres du Syntec Informatique, le syndicat des salariés informaticiens parle de “manque de rigueur et d’objectivité persistant ” et de “sujets travestis”.- Taux de chômage sectoriel: le chiffre de 2.7% relèverait d’un “calcul ésotérique” ou serait “pure imagination”. “Un tel chiffre s’appuie d’une part sur le nombre d’informaticiens actuellement au chômage et d’autre part sur le nombre d’informaticiens en France.“Le premier chiffre serait parfaitement connu : 27.970 fin août 2006 selon la DARES. “Le 2è chiffre varie de 400.000 à 680.000 informaticiens selon les sources : l’APEC fournit le chiffre de 300 000 cadres informaticiens. Auquel il faut rajouter environ 25% d’informaticiens non cadres, ce qui porterait à 400.000 le nombre total d’informaticiens en France. L’INSEE fournit une estimation d’environ 452.000 informaticiens (fin 2002), reprise notamment dans cette fiche-métier de la DARES. Le Syntec fournit au contraire une estimation haute d’environ 680.000 informaticiens en France (tableau fin 2004).”Or, sur la base de ce dernier chiffre, le taux de chômage sectoriel se situerait autour de 4.1%… et non pas 2.7% !“, souligne le Munci. qui donne une estimation de 500 000 informaticiens salariés ou demandeurs d’emplois -“ce qui donne un taux de chômage sectoriel fin août 2006 compris entre 5.6% (cat.1) et 7%. (…) Dares/Anpe a donné le chiffre de 8% d’informaticiens au chômage en sept.2005″En fait, le taux de chômage sectoriel fourni par le Syntec Informatique serait: il y avait 30.183 demandeurs d’emplois en informatique fin juillet 2006. 27 % proviennent des SSII et des éditeurs, soit plus de 8.000 sur une population globale de 300.000 salariés, d’où les 2,7 %.”Le Syntec Informatique établit donc une distinction pour le moins surprenante entre les informaticiens au chômage issus de la branche LSI…et les autres. En informatique, on appelle ça…de la logique floue!” Le débat est ouvert.

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