Logistique : la supply chain face au défi de la numérisation

Projets

Les projets pilotes de numérisation de la chaîne logistique sont nombreux, mais la dispersion des efforts freine les déploiements à grande échelle, selon Capgemini.

La numérisation de la chaîne d’approvisionnement (supply chain) est une des priorités de grands groupes. Mais les déploiements à grande échelle de projets pilotes se font encore attendre. C’est ce que met en exergue une étude du Capgemini Research Institute.

Les décideurs logistiques de 1001 grandes entreprises ont été interrogés. Neuf pays* et trois secteurs (production, retail, biens de consommation) sont concernés.

Premier constat : un répondant sur deux considère la numérisation de la chaîne logistique comme une priorité. Or, l’adoption des technologies et approches soutenant cette numérisation est encore en phase de test pour 86% des organisations interrogées.

Elles cherchent surtout à réduire les coûts (77%). L’augmentation du chiffre d’affaires (56%) et le changement de modèles d’affaires (53%) sont d’autres objectifs.

Pour Capgemini, la chaîne d’approvisionnement « numérique » utilise des technologies comme : l’Internet des objets (IoT), l’automatisation des processus par la robotique (RPA), l’intelligence artificielle (IA) et l’analyse avancée de données. Ou encore l’impression 3D, la mobilité, la blockchain, les réalités augmentée (AR) et virtuelle (VR).

Automatisation logistique

Justement, les projets engagés dans ce domaine sont nombreux : 29 en moyenne par organisation. Mais ils ne sont pas toujours aboutis. Seules 14% des organisations ont déployé un de leurs projets sur plusieurs sites ou à l’échelle de l’entreprise.

Comment expliquer la tendance, en dehors de contraintes de budget et de sécurité ?

« La numérisation de la chaîne logistique est un processus complexe. Elle implique différents départements – Planification, Achats, IT et RH – et ne peut donc pas être pilotée par une seule division », explique le think tank de Capgemini.

Un engagement fort des directions générales est nécessaire. De telles initiatives nécessitent de rationaliser l’existant et de soutenir les projets rentables. Mais aussi d’impliquer les fournisseurs dans le processus de transformation. Pour quels résultats ?

Le taux de rendement ou retour sur investissement (ROI) d’un projet d’automatisation dans la logistique et l’approvisionnement atteindrait 18% en moyenne. Un taux plus élevé que dans les RH (15%), l’IT (14%) et le service/support client (13%), selon un autre rapport.

Capgemini recommande donc aux entreprises de définir un nombre limité de projets porteurs. Mais aussi de fédérer les parties prenantes (l’entreprise et ses prestataires IT et logistiques). Et de se doter d’un vivier de talents orientés logistique numérique.

*États-Unis, France, Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Suède, Inde.

(crédit photo de une © Yuri Arcurs – shutterstock)

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Auteur : Ariane Beky
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