Lotus Workplace agrège encore et toujours… Et l’excès pondéral?

Régulations

Big Blue pousse très loin la logique de la plate-forme d’intégration: encore 4 applicatifs “collaboratifs” sont venus enrichir Lotus Workplace. Mais touchera-t-on aux confins de l’usine à gaz?

Rendons justice aux stratèges du logiciel chez IBM… La nouvelle offre découle d’une intention louable, et transparente! A preuve, la logique quasi-martiale des récentes acquisitions: rien n’est laissé au hasard, tous les segments prometteurs sont “adressés” -comme dit le jargon maison. Petit aide-mémoire: -rachat d’Informix pour absorber des technologies et une base d’intégrateurs sur un système de bases de données plus accessible que DB2, -intégration de CrossWorlds pour optimiser les flux transactionnels, -acquisition de Rational Software pour se rapprocher des équipes de développeurs, tout en négociant le virage Open Source / Linux… -et, en juillet dernier, absorption d’Aptrix, un spécialiste de la gestion de contenu, pour conforter l’ancrage sur les services Web. Tout cela aura permis de mettre sur les rails la génération 2004 de Lotus Workplace. Mais où s’arrêtera-t-on? “L’objectif est de s’appuyer sur des standards, et d’intégrer toutes les fonctionnalités intéressantes et évolutives sur nos portails”, résume, d’un trait, Emmanuel de Guillebon, directeur de Lotus France, Belgique, Luxembourg. Et le syndrome de l’usine à gaz? Alors, pas d’inquiétude sur la montée en charge des applications avec le risque du syndrome de l’usine à gaz?… (cf. l’encadré ci-après). “C’est une approche très modulaire qui se traduit par une consommation des applicatifs à la demande. C’est à l’entreprise, selon sa culture, d’ouvrir ou pas la porte au sur-mesure”, souligne calmement Patrice Fontaine, responsable marketing. En pratique lorsque l’entreprise client prend livraison de Lotus Workplace, elle reçoit un CD qui contient tout: elle n’ouvre sur son portail -et ne paie- que ce dont elle a besoin, grâce à des codes-clés. Une démarche “soft”… Autre point à retenir: Lotus Notes et Lotus Domino continuent leur vie, mais il paraît clair qu’à terme ils constitueront un sous-ensemble de la plate-forme Lotus Workplace. Car cette dernière a vocation de jouer la transversalité “middleware”, indépendamment du ‘hardware’ et donc la pérennité sur les principaux environnements “système”: de Windows 2000 Server à Aix, en passant par Linux 32 bits (SuSE 7.2 et 7.3). Une architecture économique: webisée, centralisée… Evidemment, le principal avantage de la formule plate-forme/portail réside dans l’économie de temps et de ressources pour la maintenance, les mises à jour, les rajouts, etc.: tout est centralisé sur un serveur unique (sécurisé, bien sûr) accessible à distance, avec hiérarchisation des droits d’accès, etc, etc. Ainsi, le déploiement de nouveaux applicatifs peut tout simplement se traduire, un beau matin, par un ‘gif animé’ qui clignote annonçant une nouvelle fonctionnalité -collaborative, par exemple. Aux responsables “applications” de doser la bonne charge pondérale? Enfin, une mention sur les prix: les nouveaux modules applicatifs arrivent à des prix “marché”. Lotus Workplace Messaging 1.1 est proposé à 29 euros/ client, tandis que la licence serveur de Lotus Web Content Manager 1.1, moins cher que Vignette, est tout de même annoncé à 50.700 euros… _____ Lorsque l’on déploie Lotus Workplace Messaging aux côtés d’autres applicatifs Lotus -comme, par exemple, Workplace Team Collaboration 1.1 ou Workplace Collaborative Learning 1.1, les utilisateurs récupèrent leur environnement initial. En pratique, le système de multifenêtrage, bien qu’esthétiquement rustique, devrait bien passer dans les moeurs. Et la cohabitation entre l’écran entreprise ou “cadre fonctionnel maison” et l’espace de liberté individuel paraît bien fonctionner, l’ensemble étant assez intuitif. Quatre nouveaux applicatifs

Les applicatifs présentés comme disponibles ce 5 novembre vont du super gadget “instant messaging” (pas d’accord?!) au méga-applicatif de “Web content management”. Ils peuvent être utilisés ensemble, soit séparément, comme extensions des fonctionnalités du portail WebSphere: -IBM Lotus Workplace

Messaging 1.1: cette messagerie instantanée s’intègre dans les principales messageries du marché, avec ajout d’un agenda personnel, etc. -IBM Lotus Workplace Team Collaboration 1.1: fusionne la messagerie instantanée (avec indicateur de présence) et la Web conférence (avec ajout de fonctions asynchrones, partage de volumes de travail, forums de discussion…). (Prix: 89 dollars/poste). -IBM Lotus Workplace Collaborative Learning 1.1: gestion de la formation en ‘e-learning’ (qui prend le relais de LMS, Lotus learning management system, en version portail Web). (Prix: 35 dollars/poste) -IBM Lotus Workplace Web Content Management 1.1: d’origine Aptrix, il permet de créer, éditer, publier du contenu en ligne, en intranet, extranet, etc. A l’usage, deux dérives sont possibles: D’une part, le risque que les utilisateurs se laissent accaparés par la richesse de leur fenêtre de travail, et donc se dispersent -jusque dans des modules d’autoformation, des forums d’échanges intra-entreprise… D’autre part, que le paramétrage par équipe de travail, par département, etc. pour une efficacité “collaborative”, ne coûte une petite fortune en temps passé et en développements quasi sur mesure. Verrouiller ou ouvrir -that is the question…


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