Low Code : le Top 10 des fournisseurs de plate-formes

Magic Quadrant 2021 LCAP

Qui sont les têtes d’affiche sur le marché des plates-formes d’applications low code (LCAP) et que dire de leurs offres ? Éléments de réponse sur la base du Magic Quadrant.

Envie d’implémenter une plate-forme d’applications low code (LCAP) ? Pensez d’abord à optimiser vos processus métiers. Le conseil figure dans la synthèse du dernier dernier Magic Quadrant consacré à ce marché. La photographie qu’en donne Gartner correspond à la situation au 31 mars 2021.

À cette date, ils étaient cinq classables dans la catégorie des « leaders » : Mendix (filiale de Siemens), Microsoft, OutSystems, ServiceNow et Salesforce. D’une année à l’autre, l’écart s’est creusé avec le reste des offreurs. Qui sont par ailleurs moins nombreux. Sept en l’occurrence. Exit AgilePoint, comme AuraQuantic, Betty Blocks, ProntoForms, TrackVia et Zoho. Le reflet d’un durcissement des critères d’inclusion au « carré magique ». En particulier sur le volet business. Au nom d’une demande croissante en « stabilité sur le long terme », nous explique-t-on.

Quels ont été ces critères business ? Essentiellement :

– Entre le 1er avril 2020 et le 31 mars 2021, un minimum de 50 M$ de C. A. LCAP et une croissance annuelle d’au moins 20 % 
– Une clientèle comprenant au minimum 100 entreprises d’un effectif de 1000 employés ou plus
– Une présence commerciale dans au moins trois des zones géographiques suivantes : Amérique du Nord, Amérique du Sud, Europe, Moyen Orient-Afrique, Chine, Asie-Pacifique (Japon inclus)

Mendix : quelle trajectoire sous le contrôle de Siemens ?

Critères techniques inclus, il en résulte le paysage concurrentiel suivant. Qui n’est pas à prendre
« au pied de la lettre » comme un classement.

Le positionnement des fournisseurs dans le Quadrant repose effectivement sur deux axes : « vision » et « exécution ». En fonction de celui auquel on donne la priorité, la hiérarchie varie. Le tableau reprend toutefois l’ordre dans lequel sont placées les quatre typologies d’offreurs : « leaders » (de Mendix à Salesforce), « challengers » (Appian, PegaSystems, Oracle), « visionnaires » (ici, aucun) et « acteurs de niche » (Newgen, Kintone, Creatio, Quickbase).

  Fournisseur Date de création Siège social
1 Mendix 2005 États-Unis
2 Microsoft 1975 États-Unis
3 OutSystems 2001 États-Unis
4 ServiceNow 2004 États-Unis
5 Salesforce 1999 États-Unis
6 Appian 1999 États-Unis
7 PegaSystems 1983 États-Unis
8 Oracle 1977 États-Unis
9 Newgen 1992 Inde
10 Kintone 1997 États-Unis
11 Creatio 2013 États-Unis
12 Quickbase 1999 États-Unis

Chez Mendix, le critère de viabilité est rempli. Ne serait-ce que grâce à l’appui de Siemens, qui s’en est emparé en 2018. Ce rapprochement soutient une forte croissance. Mais il a aussi un moins bon côté : l’activité de Mendix apparaît essentiellement pilotée par Siemens… et donc dirigée vers des usages dans l’industrie.
Autre point négatif : le pricing, « souvent plus élevé » que chez les concurrents, en dépit d’une stratégie renouvelée en 2021. Mendix se distingue en revanche positivement sur la qualité de son produit, bien noté « sur la plupart des capacités-clés » ; particulièrement l’accompagnement des équipes pluridisciplinaires (IT / métiers). Le fournisseur américain se détache aussi sur le volet innovation. Notamment pour l’IoT, les jumeaux numériques et la détection automatisée des goulets d’étranglement.

Développeurs et métiers : une LCAP pour tous ?

Avec son offre Power Apps, Microsoft a lui aussi droit à un mauvais point sur le pricing. Qui se révèle complexe lorsqu’on opte pour la version complète, qu’on implémente des connecteurs ou qu’on ajoute des utilisateurs. Pas facile, en outre, de suivre les changements de marques au sein du portefeuille. Comme avec Common Data Service, devenu Dataverse. Il y a, par ailleurs, du retard sur concurrence directe pour ce qui est de la gestion des workflows (même une composante de process mining est arrivée).
En matière de viabilité, Microsoft a un argument fort : une adoption sans égale de son produit. Les synergies avec sa suite bureautique cloud y sont pour beaucoup. Autre différenciateur, cette fois sur le volet innovation : la licence prise auprès d’OpenAI. Elle lui permet d’intégrer le modèle GPT-3 dans Power Apps. Et ainsi apporter une prise en charge du langage naturel. Gartner souligne aussi le liant que Microsoft a créé entre les développeurs pros et les « développeurs citoyens », en connectant Power Apps à Visual Studio Code, GitHub et divers services Azure.

Chez OutSystems, un certain nombre de capacités natives ressortent. Nommément, l’IA, le CI/CD (propriétaire), les tests applicatifs, la planification agile et la gouvernance. La roadmap R&D comporte par ailleurs des éléments intéressants : test unitaire automatisé, maillage de données, gestion native des API…
Gartner donne aussi un bon point à OutSystems pour ses possibilités dans le domaine UX. Notamment parce qu’il a son propre framework et qu’il prend nativement en charge les chatbots. L’absence de stratégie verticale – sinon au travers de ses partenaires – ne lui vaut pas tant de louanges. Tout comme sa gestion limitée des workflows, sa tarification (malgré une simplification) et la flexibilité de la contractualisation.

Salesforce et ServiceNow : peut mieux faire sur le pricing

Du côté de Salesforce, la stratégie verticale est largement déployée, avec un bouquet de clouds sectoriels qui se nourrissent tous de la plate-forme LCAP Salesforce Platform. L’écosystème (AppExchange + Trailhead) est un autre point fort, « sans égal » chez la concurrence. Même chose pour le capacité à s’aligner sur les besoins du marché, avec de fréquentes nouveautés.
Il peut, néanmoins, s’écouler près d’un an entre l’annonce de ces nouveautés et leur mise à disposition. Au rang des points faibles, il y a aussi l’expérience d’utilisation de l’outillage DevOps low code, la fragmentation de l’approche workflow… et, une fois encore, le pricing, d’autant plus difficile à gérer que l’usage augmente.

Pas d’exception pour ServiceNow sur la tarification : en quatre ans, elle a été révisée autant de fois. Avec des hausses de prix au passage. Concernant la stratégie sectorielle, elle pose encore question. Tout du moins si on considère que chez la plupart des clients, le besoin initial provenait du département IT. 
Sur le modèle économique, Gartner note un défi : ServiceNow ne vend pour l’heure sa principale brique (App Engine) qu’à sa clientèle SaaS. L’éditeur a toutefois réussi, sans être un pure player, à se tailler une réputation de fournisseur LCAP. Segment sur lequel il investit d’autant plus grâce à la croissance du reste de son activité. Cela se ressent : récemment équipé pour l’IoT et l’optimisation des processus, App Engine se montre compétitif sur beaucoup d’usages orientés workflows.

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