Lycos va chercher? à reclasser ses salariés à l’étranger

Régulations

Malgré un essor rapide depuis son arrivée sur le marché en 1997, le pionner du Web est dans une passe difficile. La direction du groupe vient de proposer un reclassement en Arménie et en Allemagne à 34 de ses 109 salariés français et ce pour un salaire de misère

Dans le cadre d’un plan de suppression d’emploi, le portail Internet vient de proposer des postes de développeur en Arménie, petite république charmante, mais relativement pauvre, (3.500 dollars de PIB/hab) coincée entre la Turquie, la Géorgie et l’Azerbaïdjan.

Il y a deux ans, la marque au labrador qui va chercher, a racheté une société de développeurs en Arménie qui ne participait qu’à de la maintenance ou au développement de petites applications. Aujourd’hui, c’est dans cette société arménienne que le groupe entend délocaliser ses salariés. Jean Michel Chereau le secrétaire du comité d’entreprise, ne manque pas de préciser avec un certain cynisme dans les colonnes du quotidien Le Monde : “J’imagine que la vie est moins cher là-bas. Dans les mesures d’application, il y a une aide au logement et au transport. Mais au bout de huit mois, vous vous retrouverez avec un salaire de 300 à 500 euros, selon votre grade. Si vous voulez revenir en France, vous ne pouvez pas”. Une offre qui laisse les salariés septiques sur l’avenir de la société. Rien n’est fait pour les rassurer, outre ces propositions de reclassement que personne ne peut accepter, la vente en janvier dernier de Lycos Europe au Coréen Daum n’est pas une réussite et malgré une fréquentation correcte, le portail n’a pas réussi à se détacher du lot comme ses concurrents Yahoo et Google. Après la perte de 11 jours de RTT sur 23, suite à des négociations de la direction il y a un an et demi, le portail poursuit sa cure d’amaigrissement. Interrogé par France-Info, le syndicaliste Jean Michel Chereau ne pense pas que les salariés accepteront une telle proposition : “Je pense que beaucoup vont rigoler, rigoler jaune bien sûr”. Ils riront d’autant plus jaune en apprenant que la monnaie arménienne s’appelle le dram.


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