Maintenance, logistique : les Google Glass séduisent… sans convaincre

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Une belle vitrine technologique… et puis c’est tout. Faute de matériel prêt pour l’entreprise, les usages professionnels des Google Glass restent aujourd’hui limités à des prototypes.

Déjà testées dans la préparation de commandes (picking) en entrepôts ou dans le contrôle des billets (par la SNCF, via sa filiale iDTGV), les Google Glass sont également expérimentées dans la gestion des opérations de maintenance. Dans le cadre du déploiement de smartphones Android pour le suivi des opérations de maintenance de quelque 400 agents d’intervention, la société Ortec Environnement (filiale du groupe du même nom employant environ 10 000 personnes pour un chiffre d’affaire proche du milliard d’euros) teste les lunettes connectées de Google.

« Nous avons refait l’interface, adapté l’ergonomie au format des lunettes et utilisé l’interface pour amener de nouvelles fonctionnalités comme des alertes de sécurité », explique Fabrice Zerah, le président de UBI Solutions, la société qui édite la solution de gestion des interventions retenue par Ortec (voir la vidéo de ce cas d’usage ici). Dans le cadre d’opérations de maintenance, les Google Glass peuvent aussi favoriser le développement de fonctions d’assistance vidéo ; un cas d’usage notamment intéressant pour des interventions sur des dispositifs très techniques nécessitant des compétences pointues.

La demande est là… pas le matériel

Démarré il y a deux mois, le test mené avec une paire de lunettes se poursuit. « Ce dispositif, encore plus valorisant qu’un smartphone, est bien perçu par les opérateurs. Sur ce type de solutions innovantes, il y a peu de réticences des utilisateurs », selon Fabrice Zerah. Insuffisant toutefois pour passer à l’échelle industrielle. « Aujourd’hui, avec deux heures d’autonomie, la batterie ne permet pas d’envisager un déploiement en production ». S’y ajoutent des problèmes de robustesse des lunettes et d’ergonomie. « Dans certains cas, il faut que l’œil aille chercher l’information et l’écran reste petit, ce qui ne permet d’afficher que peu d’informations », note le président d’UBI Solutions. Sans oublier le coût total de la solution. L’équipement en Google Glass reste 10 fois plus cher que l’achat d’un smartphone… et, dans un cas comme celui d’Ortec, ne dispense pas de cet équipement (qui embarque l’intelligence de la solution et supporte la connexion 3G).

« Autant dans le B2C, je reste sceptique pour l’instant. Autant les perspectives sont nombreuses dans le B2B, avec de multiples scénarios d’usage où libérer les mains de l’opérateur présente un réel intérêt : picking, maintenance, contrôle de billets, aide à la vente… Aujourd’hui ce n’est pas la demande qui manque, mais un matériel adapté », dit Fabrice Zerah. Le constat est identique chez Hardis, SSII qui a développé 3 prototypes basés sur les Google Glass (dont un chez Celio pour le picking en entrepôt). « Proposer de l’information directement sous les yeux de l’utilisateur en tout lui libérant les mains présente un intérêt indéniable, mais le gros problème vient actuellement du manque de maturité des produits, pour l’instant inutilisables dans un cadre industriel », relève Florian Lorence, architecte technique (voir son interview ci-dessous réalisée il y a un mois). Ce dernier dit surtout miser sur les nouveaux modèles, déjà sortis ou en passe de sortir, émanant d’autres fabricants que Google (notamment Sony, Lenovo ou Vuzix). Tout en admettant que les doutes sur l’avenir des Google Glass, qu’a relayés la presse américaine, ainsi que les interdictions dont elles ont été victime (dans les bars, restaurants ou salles de cinéma) ont fait entrer ces terminaux dans une zone de turbulence.


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