Mandriva présente sa nouvelle stratégie de développement

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Proche du “décès” fin 2008, Mandriva repart à l’assaut sous la direction de Hervé Yahi qui veut recentrer l’entreprise sur son cœur de métier : l’édition de système d’exploitation pour les marché entreprise, grand public et en ligne.

“Il était urgent pour Mandriva de se re-concentrer sur son ADN, c’est-à-dire sur le développement de systèmes d’exploitation”, déclare Hervé Yahi qui a pris la direction générale de l’entreprise en novembre 2008. “Car si Mandriva est considéré comme le troisième éditeur de distribution Linux, on est très loin derrière Red Hat et Novell/Suse.” Le nouveau dirigeant est direct : “Quand je suis arrivé, Mandriva était proche du décès.”

Mandriva va donc chercher à se différentier des mastodontes de l’open source. Comment? En attaquant de nouveaux marchés aux marges plus élevés pour des solutions réplicables en volumes. C’est déjà le cas des netbooks dont Mandriva fournit l’OS du Gdium de la société EMTEC, prouvant ainsi sa capacité à tailler ses technologies aux exigences des partenaires. Pour le Gdium, Mandriva a adapté son OS Mandriva Mini pour les processeurs MIPS. Des portages sur processeurs ARM, qui équipe nombre de terminaux mobiles, et Intel Atom (avec lequel l’éditeur français collabore à travers le projet Moblin ) sont également prévus. Hervé Yahi espère générer 3 à 4 millions d’euros du marché des netbooks en 2010.

Autre marché cible de l’éditeur, celui des devices : MID (Mobile Internet Device), Tablet Internet et autres objets “intelligents” qui embarquent du Linux. Pour y répondre, Mandriva lancera InstantOn, une solution qui a la particularité de se lancer en une poignée de secondes avec un ensemble d’applications de base (pour communiquer en mobilité notamment). L’application a par ailleurs la singularité de s’adapter à l’environnement Windows, ce qui élargit le marché pour Mandriva. “Un petit marché mais à forte marge”, avance le dirigeant. ABI Research estime le marché à 139 millions d’unités pour 2013. L’offre InstantOn sera lancé en juin en direction des OEM.

Mandriva souhaite aussi “égratigner le BIOS” avec la notion de BIOS libre. “Un positionnement intéressant car il ya peu d’acteurs”, estime Hervé Yahi. Si le marché ne bouge pas, Phoenix, Insyde ou American Megatrends se partageront un gâteau à 1 milliard de PC en 2014, selon Gartner. Enfin, Mandriva regarde également la tendance du Web OS. Le marché du bureau en ligne est estimé à 150 milliards d’ici 2013. En revanche, Mandriva n’a aucune velléité sur le marché du téléphone mobile à court terme.

Malgré ses nouvelles directions, l’éditeur n’en poursuit pas moins ses travaux sur ses solutions phares, notamment en direction des grands comptes (administrations essentiellement). Pulse La version 2 de Pulse, système de déploiement et administration de parcs informatique, est attendue prochainement. Et l’offre serveur MES 5 est actuellement en cours de bêta test. Son lancement est prévu pour juin.

Avec cette nouvelle stratégie, Hervé Yahi se donne pour objectif de retrouver l’équilibre d’exploitation et assurer la pérennité de l’entreprise. Pour l’heure, Mandriva est soutenu par les investisseurs Occam Capital et Millennium Partners. L’entreprise compte 75 salariés dont 30 au Brésil et le reste en France.


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