Mémoire flash contre mini disque dur: qui l’emportera ?

Régulations

Le secteur des terminaux numériques mobiles explose. Deux standards de stockage s’opposent. La mémoire flash, reine des appareils photos et des baladeurs va-t-elle profiter de nouveaux leviers de croissance comme la téléphonie mobile ? Rencontre avec SanDisk, un des leaders mondial de la mémoire flash

Appareils photos numériques, baladeurs, clés USB: autant de succès planétaires de l’année 2004. Des succès qui profitent particulièrement aux producteurs de mémoire flash, qui sont au coeur des systèmes de stockage de ces terminaux ou périphériques. Dans ce secteur, SanDisk fait partie des leaders. L’entreprise américaine affiche un chiffre d’affaires de 1,8 milliard de dollars en 2004 contre 1,2 milliard un an plus tôt.

Pour autant, certains se demandent si la mémoire flash n’a pas mangé son pain blanc. Certes, les clés USB vont continuer à se vendre comme des petits pains mais le principal marché de ces cartes, l’appareil photo numérique, commence à stagner. Dans le même temps, les baladeurs numériques semblent se tourner de plus en plus vers les mini disques durs. Une récente étude montre qu’ils représenteront 43% du parc cette année contre 27% en 2004. Et les ventes devraient atteindre 56,2 millions d’unités en 2009, contre 9,8 millions en 2004. Quant à la téléphonie mobile, futur colossal marché pour les solutions de stockage, elle hésite encore entre les deux systèmes. Frédéric Descombes, Responsable ventes et marketing Europe du Sud et Benelux de SanDisk, estime que la mémoire flash encore de très beaux jours devant elle. “Dans la musique, lorsqu’on observe la stratégie d’Apple avec l’iPod Shuffle, on ne peut pas douter de l’avenir de ce support. D’un autre côté, si le marché de la photo-numérique tend à stagner après des ventes exceptionnelles, on attend beaucoup de la téléphonie mobile qui devrait représenter selon nous une très grande majorité du marhé de la mémoire flash d’ici trois à cinq ans”. En effet, les fabricants s’apprêtent à lancer des combinés capables de stocker des données et surtout de la musique, comme les futurs Motorola ou certains Nokia (voir nos articles). “Le choix de la mémoire flash et des cartes mémoire semble évident car elle permet de concevoir des modèles plus légers, moins chers, moins fragiles, moins gourmands en énergie. Et même si le prix des disques dur baisse, le moins cher sera toujours plus cher qu’une carte”, explique Frédéric Descombes. Une position confirmée par la stratégie de certains opérateurs mobiles. Avec des mobiles dotés de disques durs à haute capacités (de 2 à 20 Go), ils craignent que les utilisateurs préfèrent transférer de la musique sur leur téléphone après l’avoir téléchargée sur leur ordinateur, au lieu d’avoir à payer un téléchargement via les réseaux sans fil des opérateurs. La plus faible capacité des mémoires flash permettrait selon eux d’éviter ce problème de “fuite des revenus”. Mais, le succès de la mémoire flash dans la téléphonie mobile dépendra de la volonté des opérateurs ou des constructeurs à marketer le support. “Les opérateurs veulent vendre du contenus, pas des capacités de stockage. Il faudra donc concentrer l’effort auprès des revendeurs. Il est indispensable de mettre en avant la carte mémoire. On peut imaginer des offres en ‘bundle’. En Hollande par exemple, les linéaires de cartes mémoire font dix mètres, le taux de renouvellement est de 2,5 cartes par appareil. En France, le produit est encore plus ou moins caché, le taux de renouvellement est de 1,5. Il y a des efforts pédagogiques à faire. Le challenge est difficile mais nous y croyons beaucoup”, conclut Frédéric Descombes. Il faudra aussi régler une fois pour toute les problèmes de standards: au moins quatre modèles de cartes mémoire coexistent aujourd’hui. Une contrainte énorme s’il l’on veut rendre plus accessible ce produit. Autre levier de croissance, les consoles de jeux vidéos. Les futurs nouvelles consoles de salon de Microsoft, Nintendo et Sony auront toutes des systèmes de stockage. Mais ces fabricants veulent imposer leurs formats propriétaires. “Nous sommes en relation étroite avec ces fabricants afin de les pousser à adopter par exemple le format SD”. Celui qui remporter a ce marché pourra dormir tranquille pendant quelques bonnes années.


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