Micropole : rebond attendu après recul en 2012

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Christian Poyau PDG de Micropole

Certes 2012 ne restera pas un cru de référence pour Micropole, avec résultat net très en recul. Néanmoins, ses dirigeants semblent confiants et investissent sur des créneaux porteurs.

« Ne nous cachons pas les choses : nous avons vécu une année compliquée en 2012. En outre, nous avions beaucoup recruté en septembre/octobre 2011 [NDLR : 300 collaborateurs facturables en France], et l’activité a fortement ralenti dès le second trimestre 2012, rapporte Christian Poyau, PDG et cofondateur de Micropole. Toutefois, nous avons ressenti une stabilisation dès le dernier trimestre. »

Christian Poyau PDG de Micropole
Christian Poyau, PDG et cofondateur de Micropole

Ce n’est pas non plus la catastrophe…

Avec 1300 collaborateurs répartis sur 7 sites en France, 5 implantations en Europe et 3 en Chine (Shanghai, Hong-Kong et –récemment- Pékin), Micropole affiche un chiffre d’affaires 2012 de 119,6 millions d’euros, stable par rapport à l’exercice précédent. Toutefois, le résultat net est en recul sensible de 83% à 0,6 million contre 3,6 en 2011. Le résultat opérationnel courant marque également un recul passant de 6,4 à 3,4 millions d’euros (- 47% !).

On notera que la SSII a arrêté ses activités liées au BlackBerry (support d’infrastructures et applications), qui ne représentaient que 0,6 million d’euros.

« Néanmoins, nous avons enregistré une croissance continue depuis trois ans, et jusqu’à 17 % l’an dernier, souligne Christian Poyau. Et le Benelux, qui représente 9% du chiffre d’affaires, enregistre lui une bonne croissance. »

Enfin, on notera aussi un endettement de 7,7 millions d’euros (contre 3,9 en 2011), lié à une tension sur les conditions de facturation des clients. « Nous faisons aussi le choix de ne pas nous positionner sur les appels d’offres où le tarif journalier est trop bas », précise d’ailleurs le dirigeant.

Le secteur de la banque/assurance (31% de l’activité) marque un fort recul en Europe, et plus encore en Suisse. « Dans ce pays, le nombre d’établissements bancaires a diminué de moitié », s’étonne encore Christian Poyau.

La société parie sur l’international…

Outre les acquisitions de la SSII belge Velixis en juin 2012, et de la société de conseils suisse Beryl en décembre, Micropole a ouvert à Pékin son troisième bureau chinois en juin. La société réalise déjà un chiffre d’affaires d’un million d’euros après un an de présence, dont une partie auprès d’entreprises chinoises.

Le chiffre d’affaires à l’international atteint aujourd’hui 27% du global. « Nous déployons toutes les expertises du groupe à l’international, et comptons bien poursuivre cette expansion. Et nous poursuivons notre croissance externe mondiale. Nous étudions d’ailleurs une vingtaine de dossiers par mois. »

… et sur de nouvelles activités prometteuses

Comme la plupart des acteurs concurrents, Micropole recherche toujours des talents dans des activités porteuses à forte valeur ajoutée pour les métiers des entreprises, dont la gouvernance et la qualité des données (MDM pour Master Data Management), la gestion de la relation client (CRM), la gestion de la performance (financière et RH) de l’entreprise (EPM) ou encore la gestion de la performance marketing (MPM).

« Autre tendance très porteuse, le cross-canal, pour que client puisse poursuivre son expérience de manière identique en ligne, comme en boutique ou par tout moyen. Avec des mécanismes qui profitent aussi aux vendeurs ou autres employés de l’entreprise. Un exercice plus complexe qu’il y parait, et qui requiert des savoir-faire métier et technologiques. Donc à forte valeur ajoutée », explique le PDG.

La business intelligence agile (visualisation dynamique des données reposant sur des logiciels comme Qlickteck ou Tableau Software) catalyse la demande sur des projets à forte valeur ajoutée pour les métiers, et offre des opportunités intéressantes à la SSII.

Les spécialistes des projets de MPM (reposant sur des logiciels comme IBM SPSS) chez Micropole expliquent aux entreprises qu’il vaut mieux bien cibler et valoriser les clients pertinents pour augmenter ses marges, que gaspiller ses efforts sur du “carpet bombing“ (grosse campagne arrosant très large).

De même, et malgré la vision (un tantinet rigide ?) des investisseurs scrutant essentiellement le chiffre d’affaires, le PDG assure que « nous favorisons plutôt un redressement de la marge que du chiffre d’affaires ». Ce qui pourrait sembler logique. Enfin…


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Auteur : José Diz
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