Microsoft à Lille : 'notre approche est avant-tout sociale'

Régulations

On croyait s’adresser au responsable commercial Microsoft pour les collectivités territoriales, c’est le chargé des affaires institutionnelles, Marc Mossé, qui répond sur l’implantation de l’éditeur à Lille. Pour expliquer une démarche sociale dont les moyens resteront flous

Quel est le contenu de la convention conclue avec la communauté urbaine de Lille et la ville ?

Elle comprend quatre volets. Pour la partie entreprenariale, nous allons soutenir les start up de la région, dans le cadre de notre programme IDEES, déjà mis en place à Lyon, Paris ou Mulhouse. Nous leur donnons accès à notre centre de ressources parisien, et sur place, nous leur fournissons un appui sur les fonctions marketing, gestion, et juridique, par exemple. Pour ce faire, nous ouvrons un espace dans les bâtiments d’Euratechnologies. L’objectif fixé est d’accompagner 20 start up dans le domaine des logiciels chaque année. Le volet social prévoir l’aide au retour à l’emploi d’informaticiens avec une remise à niveau de leurs compétences et une certification. Notre objectif est de suivre une cinquantaine de personnes par an. Au niveau sociétal, nous allons accompagner la mairie dans ses réflexions sur la e-citoyenneté, sur les services à rendre aux citoyens, notamment une carte de vie multiservices et des services innovants pour les utilisateurs nomades.

Combien de personnes seront présentes à Lille ?

La taille des équipes n’est pas encore définie, nous allons le faire en fonction des besoins qui seront évalués avec la collectivité locale. C’est du concret. Pour chaque projet, il y a des évaluations, un référent, c’est organisé.

Quel est l’enjeu de votre présence ?

Il répond à l’ancrage de Microsoft dans le territoire, à sa responsabilité sociale. Nous souhaitons développer l’économie, contribuer à créer des emplois qui ne sont pas délocalisables, car ils ont une forte valeur ajoutée. Nous essayons d’apporter des réponses constructives, comme acteur social et économique. Ce n’est pas de la philanthropie.

Ces accords sont signés avec des collectivités qui sont potentiellement vos clients…

Ce sont deux démarches distinctes. N’importe quelle entreprise est légitime à discuter avec les collectivités. Après que nous ayons accompagné les villes dans leurs réflexions, si elles décident d’engager un projet, cela rentre dans le processus normal des appels d’offres public. Comment voyez vous le fait qu’elles s’engagent dans le libre ?

Je vous renvoie à la réponse de Bertrand Delanoë, suite à l’accord que nous avons conclu avec la ville de Paris. La neutralité et le pluralisme sont des principes importants. La réponse à des besoins fonctionnels est la définition même de l’achat public, et non le fait de choisir telle ou telle technologie. De plus, nous avons fait des efforts importants en matière d’interopérabilité et d’ouverture de nos Api, par exemple. En fait, je suis frappé par la rationalité des villes qui concluent des accords avec nous. Elles essaient tout simplement de trouver des solutions à leurs besoins. Elles cherchent des réponses pragmatiques.

De quel budget disposez vous pour mener à bien cette politique ?

Un certain budget. Mais encore ?

C’est un ensemble de paramètres difficiles à chiffrer, d’autant que cela consiste pour partie à mettre à disposition des ressources internes. On me pose souvent la question, mais l’important, c’est l’efficacité de l’aide que nous apportons. Pour des jeunes entreprises, le soutien d’un « grand frère » est précieux. Les start up que nous avons déjà soutenu ont connu en moyenne des taux de croissance de 400% et créé 16 emplois durant la période d’accompagnement.


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