Microsoft cherche à sensibiliser sur les risques des fausses loteries

Sécurité

En lançant une initiative européenne de lutte contre les pourriels, le géant compte sensibiliser les internautes et leur permettre de signaler les messages jugés dangereux

Nouvelle offensive contre les pourriels. Une de plus. Microsoft annonce avoir signé un partenariat pour lutter contre ce fléau et notamment les fausses loteries en ligne. Avec Yahoo, la Banque de développement africaine et Western Union, ils vont tenter de créer un front contre ces pièges.

Selon une étude Ipsos réalisée en septembre auprès de 4.930 personnes dans sept pays européens, 1 internaute sur 44 admet avoir perdu de 100 à 7.000 euros dans des arnaques de ce type.

Ces dernières représentent la forme la plus connue des fraudes qui demandent à l’internaute de verser à l’avance une somme d’argent dans l’espoir de recevoir un cadeau ou un gain. Devant cette forme de cybercrime, les autorités judiciaires s’inquiètent de plus en plus du fait que les auteurs de ces escroqueries développent leurs activités en exploitant la fragilité des personnes touchées par la crise économique mondiale actuelle.

Concrètement la mesure se traduit par la création du côté de Microsoft d’une adresse (lotfraud@microsoft.com) à partir de laquelle tout internaute va pouvoir, s’il s’estime lésé, transmettre le spam qu’il a reçu. Une mesure simple qui reprend la philosophie de la Cnil et de son programme Signal-Spam initié en 2007. L’intérêt réside alors dans l’initiative que vont prendre les internautes pour signaler les messages ou pour divulguer la réception de spams de manière répétitive.

Toujours selon l’étude, en France, 25% des intrnautes estiment que ces messages vantant ces fausses loteries sont “honnêtes”.

Microsoft choisit donc la pédagogie. Il faut dire que selon une étude européenne d’Ipsos, la firme est considérée par les internautes comme une des responsables de l’envoi de ces spams (elle est classée au 3e rang du sentiment de responsabilité) ! En première place arrivent les FAI, jugés responsables des spams par plus de la moitié des internautes, puis les éditeurs d’anti-virus.

Conscients de la place qu’ils occupent dans l’esprit des internautes, les responsables de Microsoft tentent donc de fournir des contre-mesures au flot de pourriels. Marc Mossé, directeur des affaires publiques et juridiques en explique l’utilité : “Par cette nouvelle adresse autour de laquelle nous allons communiquer amplement, il y a une équipe d’enquêteurs, un d épartement spécialisé afin de mutualiser les informations et les analyser. Par exemple, si un problème provient toujours du même serveur, on va pourvoir le trouver plus rapidement et le fermer“.

Si la démarche va dans le bon sens, force est de constater que Microsoft se lance dans une bataille dans lequel il va devoir fourbir ses armes. La Cnil a recensé à la mi-octobre pas moins de 12 millions de spams et a remarqué que la volonté des internautes n’était pas toujours de signaler leurs mésaventures. C’est donc un petit pas pour Microsoft, quant à savoir s’il s’agit d’un grand pour l’internaute…


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