Microsoft, leader mondial des bases de données

Silicon.fr interviewe Damien Cudel, chef de produit SQL Server et Biztalk, sur les innovations majeures à attendre de SQL Server. Et sur la place du SGBD chez Microsoft et sur le marché.

Que représente aujourd’hui SQL Server sur le marché des bases de données ? Et en France ?
En mai dernier, IDC classait Microsoft SQL Server numéro 2 mondial du marché des bases de données en revenus de licences logicielles, après Oracle et devant IBM. Et ce, tous systèmes d’exploitation confondus. Par ailleurs, SQL Server arrive en tête en nombre de licences vendues dans le monde.
SQL Server est la quatrième activité chez Microsoft en termes de revenus, avec plus de 4 milliards de dollars générés.
Cette seule gamme de produits nous classe au dixième rang des éditeurs de logiciels dans le monde.
En France, nous enregistrons une croissance supérieure à 20 % sur ce créneau, et nous gagnons 2 points de part de marché par an sous plate-forme Windows.

On parle beaucoup de Denali, la prochaine version de SQL Server. Des ruptures technologiques à anticiper ?
Microsoft fait en sorte que l’évolution de SQL Server se fasse sans rupture. Nous bénéficions d’une bonne expérience avec cette solution qui existe depuis 23 ans. C’est pourquoi les innovations s’inscrivent dans un mouvement continu par rapport aux évolutions apportées avec SQL Server 2008 et 2008 R2.
Nous avons élaboré une vision (et donc nos investissements) sur trois piliers : une plateforme pour application critique, une BI performante managée et en self-service pour l’utilisateur final et « le cloud comme vous l’entendez ».

Quelles nouveautés renforce l’aspect application critique ?
Une plate-forme d’entreprise pour application critique doit bénéficier des dernières évolutions techniques et fonctionnelles.
Dans Denali (nom de code de la future version de SQL Server), nous apportons une nouvelle brique HADR (High Availability Disaster Recovery). Jusqu’alors, les serveurs miroir ne servait qu’en cas de problème, et restait « passifs » tout le reste du temps. Avec HADR, l’entreprise pourra définir les serveurs miroirs comme secondaires, afin qu’ils puissent absorber une partie de la charge en lecture. Une demande émanant des entreprises pour leurs besoins en sauvegarde ou en business intelligence (BI). En quelques clics, l’administrateur pourra définir un serveur secondaire, et le processus est scriptable.
Nous avons également travaillé fortement pour améliorer les performances, afin de relever les défis de l’explosion des volumes des données, du Big Data, ces gros volumes d’informations non structurées.. Ainsi, nous intégrons désormais une technologie Column Storage Index [NDLR : certains concurrents comme Oracle ou Sybase le font déjà]. Cette technologie combinée à des mécanismes de compression permet de réduire les entrées/sorties qui plombent les performances. Il s’agit de la technologie VertiPaq déjà utilisée pour nos solutions PowerPivot.

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Quoi de neuf sur le Business Intelligence ?
Sur la BI, nous poursuivons la concrétisation de notre vision « self-service BI managée ». Pour que l’utilisateur final s’approprie l’outil, il lui faut un environnement très visuel et ergonomique. Nous avons donc conçu le nouveau client BI Crescent, un client Web léger sous forme de composant Silverlight. Un ensemble de contrôles graphiques interactifs très intuitifs qui permettent de manipuler les données en mémoire. Par exemple, un mouvement de curseur sur une glissière permet de détecter les tendances en affichant l’évolution des donnes dans le temps.
Pour simplifier la modélisation des données décisionnelles, nous avons conçu le nouveau module BISM (BI Semantic Model) qui présente les données simplement pour créer rapidement un tableau de bord, par exemple. Ce composant vient compléter notre UDM (Unified Dimensional Model) pour que l’utilisateur final n’ait pas besoin de comprendre ce que sont un cube, des dimensions, etc. Bien entendu,un usage classique reste possible.
Pour assurer la qualité des données, le nouveau composant Data Quality Services vient enrichir les Reporting Services en analysant les flux de données. À la volée, il vérifie les règles métier et assure des corrections automatiques ou des alertes. Un autoapprentissage lui permet même de « deviner » des règles et de les présenter pour validation/modification avant intégration.
Enfin, nous ajoutons un add-in Excel à Master Data Services [NDLR : solution Microsoft de Master data Management]. Ainsi, l’utilisateur peut utiliser Excel pour manipuler les données et enrichir le référentiel de l’entreprise.

Sur le cloud, pas de grandes annonces ?…
En juin dernier, Microsoft a défini des architectures Cloud de référence avec HP, sous Windows Server, Hyper-V, System Center avec du matériel HP ^pour les serveurs et le stockage supervisés par HP Business Insight Manager. Ces solutions seront disponibles vers le mois d’octobre.
Sous SQL Azure, notre technologie Datasync assure déjà synchronisation non seulement entre bases de données SQL Azure, mais aussi avec des bases SQL Server traditionnelles.

À quel stade de développement en est Denali ?
Denali est aujourd’hui disponible pour les partenaires et clients intéressés en version beta CTP3, avec 95 % des fonctions qui seront présentes dans la version finale.